UN MODELE MUSEOGRAPHIQUE ?


Ce musée est aujourd'hui (en 2001) engagé dans une profonde restructuration.
La préparation de ce chantier est l'occasion de réfléchir posément sur l'accrochage des collections Beaux-Arts. Pour un ensemble aussi homogène que la collection Fiocchi, il est apparu pertinent de revenir aux canons esthétiques du dix-neuvième siècle.


Le nouvel accrochage superpose les œuvres, crée des rapprochements étroits entre les tableaux qui sont présentés sur un fond de velours cramoisi. Ce parti pris va à l'encontre de la muséographie du vingtième siècle. Celle-ci, réagissant justement contre l'entassement, avait tenté de libérer l'œuvre d'art en lui donnant souffle et espace. Ce faisant elle contribuait aussi à sacraliser l'objet en l'isolant.

L'accrochage resserré constitue un autre modèle culturel, à partir des tableaux se compose une sorte de tapisserie et les rapprochements permettent de créer du discours, un dialogue entre les œuvres qui favorise aussi les comparaisons stylistiques. Or, c'était bien le propos de Fiocchi que de constituer un échantillon des grands exemples du passé et de la peinture de son époque. Par sa diversité sa collection permet de juger des peintres dessinateurs et des peintres coloristes, des fervents du réalisme et des partisans de l'idéalisation.

La restituer dans un accrochage dix-neuvième, c'est lui rendre un peu de sa première identité qui la situait
au confluent de la délectation, de l'érudition et du modèle didactique.

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