UN ECRIN POUR LA COLLECTION : LA GALERIE BEAUX-ARTS

En dépit de nécessaires réajustements, cette collection, représente un modèle culturel qui, selon le vœu de Fiocchi, devait être " goûté par des gens qui comprendront le mérite de nos grands maîtres".

De tels "gens" existent bel et bien dans le Rochefort du milieu du dix-neuvième siècle. Ce sont ces amateurs que mentionne le catalogue d'une exposition de peinture en 1857 : les notables locaux ont en effet prêté des Poussin, des Greuze, des toiles de Boucher, de Oudry… A ceux-là s'ajoutent aussi les jeunes artistes qui fréquentent assidûment le musée pour
copier les grands maîtres.

Objet de délectation et source d'enseignement, la collection Fiocchi arrive à point nommé à Rochefort. Dès 1851, Roy-Bris sollicitait la collaboration de ses concitoyens afin de "doter sa ville d'un établissement aussi éminemment utile [qu'un musée]". Dix ans plus tard son vœu est exaucé : la ville de Rochefort inaugure son Musée-bibliothèque. De tels temples de la culture, on en voit alors fleurir beaucoup en France et en Europe. Celui de Rochefort n'échappe pas à l'une des grandes lois du genre : la coexistence dans un même lieu des livres et des œuvres d'art. Mais ce n'est pas le seul modèle culturel auquel sacrifie Rochefort.

Fiocchi lorsqu'il entreprend l'accrochage des dessins se remémore sans doute ses visites au Louvre puisqu'il tient à adopter une baguette dorée et un passe-partout gris bleuté identique à ceux qu'utilisent les conservateurs du plus grand musée de Paris. Enfin, en 1865, l'aménagement d'une grande galerie "beaux-arts" avec éclairage zénithal affirme la volonté des édiles rochefortais de se doter d'un établissement conforme aux grands préceptes muséographiques de l'époque.

© Musées de la ville de Rochefor © Alienor.org, Conseil des musées