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LE TEMPS RETROUVE :

QUATRE MILLIARDS D’ANNEES D’EVOLUTION :

Le temps écoulé depuis la formation de la Terre, se divise en 2 grandes périodes.

Le Précambrien (de moins 4 milliards d’années à 570 millions d’années) pendant lequel :

Le Phanérozoïque est le temps de la diversification des animaux et des plantes. Il comprend le Paléozoïque (ère Primaire), le Mésozoïque (ère Secondaire) et le Cénozoïque (ère Tertiaire et Quaternaire).

 

Il se subdivise en 6 périodes : Cambrien, Ordovicien, Silurien, Dévonien, Carbonifère et le Permien.

Les diverses plaques de la croûte terrestre se regroupent pour former la Pangée entourée par un océan unique, la Panthalassa.

Dans les mers chaudes et peu profondes, un monde archaïque existe déjà qui va évoluer pour former les premiers amphibiens.

A l’extérieur, il commence à y avoir suffisamment d’oxygène libre pour que se forme dans l’atmosphère un écran d’ozone capable de stopper les radiations ultraviolettes du soleil, dangereuses pour la vie terrestre.

Vers moins 440 millions d’années, apparaissent sur la terre ferme les premiers organismes vivants sous la forme de petites algues ressemblant à des mousses. La végétation, les invertébrés (scorpions, insectes), et enfin les premiers vertébrés avec poumons se développent.

A la fin de cette ère, une grande glaciation entraîne l’extinction de nombreux groupes tant végétaux qu’animaux. .

 

La Pangée commence à se morceler.

Grâce à un climat et des mers uniformément chauds, la vie s‘est largement répandue. Les plantes à fleurs ainsi que des petits mammifères font leur apparition.

Les reptiles dominent cette période. Ils sont présents dans la mer (ichtyosaures), sur terre (dinosaures) et dans les airs (ptérosaures).

Comme au Paléozoïque, la fin du Mésozoïque est marquée par l’extinction de plusieurs espèces végétales et animales.

Les climats se diversifient à la fin du Néogène avec des alternances de phases chaudes et froides, annonçant les grandes glaciations du Quaternaire.

Les plantes à fleurs se multiplient, les mammifères investissent tous les milieux (continentaux, marins et aériens).

En mer, les oursins, les gastéropodes et les poissons abondent.

Notre propre genre, homo, apparaît au Quaternaire dans une période appelée Pléistocène.

 

Après ce bref aperçu de l’évolution de notre planète, voyons ce qui s’est passé en Poitou-Charentes.

 

 

Balade en Poitou-Charentes :

 

 

Se représenter le Poitou-Charentes tel qu’il se présentait il y a plusieurs centaines de millions d’années requiert beaucoup d’imagination.

Situé entre les 3 ancrages montagneux que sont le Massif armoricain, le Massif central et les Pyrénées, le bassin aquitain (auquel appartient notre région), à partir du Jurassique, se présente comme un demi-bassin de forme semi-circulaire, se prolongeant sur quelques dizaines de kilomètres sous les eaux de l’Atlantique.

Par la diversité de ses niveaux stratigraphiques et sa richesse en fossiles, la région sert de référence. Au XIXème siècle, un géologue, H. Coquand, établit la première carte géologique de la Charente et définit un certain nombre d’étages géologiques toujours utilisés en Europe occidentale. Il s’agit du Coniacien (de Cognac), du Santonien (de Saintes), et du Campanien (Champagne charentaise). En Deux-Sèvres, la ville de Thouars a donné le Toarcien.

 

Le littoral :

Il est constitué d’un plateau calcaire, présentant de grands secteurs légèrement déprimés, qui vient finir en mer par des falaises de faible hauteur (entre 10 et 20 mètres).

Vers le nord, ces calcaires sont plus anciens. Ils correspondent aux différentes périodes du Jurassique et constituent les ossatures des îles de Ré et d’Oléron.

En longeant la côte vers le sud, on trouve des niveaux de roche plus récents. De La Rochelle jusqu’en bordure de Gironde, ils appartiennent au Crétacé. Les eaux relativement profondes au Jurassique évoluent vers un contexte marin de type récifal avec des conditions de vie moins profondes. La pointe de Chay est un ancien récif corallien qui a fourni des fossiles d’oursins, de mollusques…

Les falaises disparaissent sous les marais de Saintonge pour réapparaître au nord de l’estuaire de la Gironde. Elles sont formées d’un calcaire crayeux daté du Crétacé surmonté localement par des roches plus récentes formées de débris de coquilles.

Le littoral possède aussi de longues étendues sableuses qui se sont formées après la dernière glaciation. Elles progressent vers le sud à raison de 25 mètres par an. L’édification de ces dunes a permis la fermeture du Marais poitevin et son envasement définitif.

 

Les Marais :

Ils sont installés sur des zones plus creuses du plateau calcaire.

Leur histoire débute à la fin de l’ère Tertiaire. L’abaissement du niveau marin, suite aux glaciations du Quaternaire, favorise l’écoulement des eaux présentes sur le continent. En se retirant, elles creusent les zones tendres pour laisser en relief les plateaux environnants ainsi que quelques noyaux durs qui, actuellement, forment des buttes au milieu des marais. A la remontée des eaux, les régions les plus basses furent inondées. Le Marais poitevin ressemblait alors à un golfe marin peu profond parsemé d’îles. Il prit son aspect actuel il y a environ 5000 ans.

Situé au sud de La Rochelle, le Marais saintongeais se divise en 3 zones : Rochefort, Brouage et Marennes. Sa formation est identique à celle du Marais poitevin et s’est achevée récemment. Au XVIIème siècle Brouage était un port dont l’activité dépassait celle de La Rochelle. Un envasement rapide commença à la fin du XVIIème siècle. Aujourd’hui, la ville est située à 3 kilomètres de la côte.

 

L’intérieur des terres :

L’intérieur des terres, cantonné par les massifs vendéens et central, s’est formé, comme toute la région suite à une variation du niveau de la mer.

Recouvrant le socle cristallin ancien, les couches sédimentaires de l’ère secondaires se sont superposées en 110 millions d’années sur plus d’un kilomètre d’épaisseur. Le socle primaire plissé et granité s’est formé durant le Mésozoïque et le Cénozoïque.

Six fois, cette zone fut immergée puis asséchée. Dès le milieu du Jurassique des conditions marines tropicales, une eau chaude (28°) de faible profondeur, furent propices à la formation de coraux. Le grand banc des Bahamas, tel qu’il se présente à l’heure actuelle, est bon exemple de ce que pouvait être la région à cette époque : un plateau sous-marin carbonaté, recouvert de quelques mètres d’eau, avec un taux d’oxygénation élevé, dans lequel vont croître de petits massifs de coraux. A l’arrière, des zones plus calmes, les lagons.

La mer a définitivement quitté l’intérieur des terres il y a 65 millions d’années. La mer Thétys se referme compressée par les plaques africaines et eurasiennes, donnant naissance à d’imposantes chaînes de montagnes des Pyrénées au Tibet. Le réseau hydrographique actuel s’est formé durant le Crétacé.

Il y a plus d’un million d’années, le climat jusque-là chaud change. De nouvelles formations sédimentaires, datant des périodes periglaciaires caractéristiques du Quaternaire, vont modeler le paysage pour lui donner son aspect actuel.

 

LES ROCHES :

 

 

Comment se forment-elles ?

Il a fallu plus de 4000 millions d’années pour que se forment les roches. On distingue 3 groupes principaux :

 

Les roches sédimentaires

Elles sont composées de débris (sable, gravier), et sont liées à des phénomènes chimiques ou organiques. Ces roches contiennent la presque totalité des fossiles connus et recouvrent la plus grande partie du globe. Elles diffèrent néanmoins suivant que l’on se trouve en milieu continental, en milieu marin peu profond ou en milieu océanique. Quelques exemples de roches sédimentaires :

La disposition en strates est l’une des caractéristiques de ce type de roche. Il est admis (avec quelques exceptions) que toute couche sédimentaire est plus récente que celle qu’elle recouvre, et qu’une couche est de même âge sur toute son étendue. Il est ainsi facile de retrouver l’ordre de succession des événements dont elle a gardé la trace.

 

 

LES FOSSILES :

 

 

De quoi s’agit-il ?

Les fossiles sont les vestiges de la vie passée ou la preuve de l’existence de celle-ci. Ce sont les organismes vivants eux-mêmes (animaux ou végétaux), les traces de leurs activités (concrétions stromatolithiques, terriers, empreintes de pas, restes des industries préhistoriques…) ou encore des résidus de matière organique (résines naturelles, charbon, pétrole…).

La transformation d’un organisme en fossile s’appelle la fossilisation. L’organisme est recouvert, sitôt après sa mort, d’une couche protectrice de sédiments (vase, sable, limon …) qui va s’opposer à l’accès de l’air et freiner les processus de décomposition.

L’organisme devient lui-même partie des sédiments et en subit les modifications. Cette dernière opération s’appelle la lithification, c’est-à-dire que l’organisme se transforme en pierre. Les os ou les coquilles ne sont pas les seuls fossiles connus. Il arrive que tout ce qui formait l’animal ou la plante d’origine ait disparu. Ne reste alors qu’une cavité dont les parois constituent le moule naturel du fossile. Des substances peuvent remplir ce creux donnant ainsi un moulage naturel de l’organisme.