UN EXEMPLE : LES GRAFFITI A SUJET MARIN

Pour une interprétation typologique de ces bâtiments, il sera intéressant de confronter les graphies saintaises à celles de Brouage ou à celles de l'église de Marennes, qui demeurent les sites de référence en matière de représentations marines, bateaux de haute mer exclusivement mais aussi bateaux de travail et de navigation côtière, ainsi qu'à celles de Juac, commune de Saint-Simon, dont le mur des gabariers est un site de référence pour les représentations de gabares voire d'éléments de gabare comme des gouvernails.

On y trouve aussi des bateaux de haute mer
du début du XIXe siècle, les seules dates associées étant du premier tiers du XIXe siècle, certainement vus à Rochefort par des gabariers lors de leurs voyages. Il est en effet peu probable que ces gros navires aient pu remonter la Charente jusque là, en tout cas à la voile.

Un dessin de Léon Gaucherel (1816-1898)
conservé au Musée des Beaux-Arts de Saintes montre une gabare sur la Charente avec un mat démesurément haut portant trois niveaux de voile. Cette surcharge de toile montre la difficulté, même pour un bateau relativement léger à capter des vents contrariés par les berges et la végétation.

Pour illustrer cette constatation,
ne perdons pas du vue que, en fonction des conditions, un voyage de gabarier entre Tonnay-Charente et Angoulême pouvait durer de 16 jours à 2 mois !

Dans ces grands sites, l'intérêt esthétique se double souvent d'un intérêt documentaire et technique. Ainsi le bateau voiles carguées avec ancre et annexe du clocher de l'église de Marennes et le bateau voiles larguées des latrines de Brouage ayant la chance d'être dans des milieux abrités figurent parmi les plus belles représentations navales des côtes de l'Ouest.

© Musées de la ville de Saintes © Alienor.org, Conseil des Musées