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1914-1918

Ici et là-bas

L'horreur : la faim, le froid, la peur, les rats

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Les conditions de vie du soldat sont particulièrement éprouvantes dans les tranchées. À la peur et aux mauvaises conditions sanitaires s'ajoutent les difficultés de ravitaillement des unités en première ligne.
Au Chemin des Dames « Ils étaient sur l'arête vive du massacre » Aragon.
 

« Nous sommes dans les bois comme des bêtes sauvages. »
Adolphe 1918

La faim

« Si seulement l'on avait à manger un peu, mais l'on a été plusieurs jours avec rien que quelques biscuits de guerre et un peu d'eau, juste pour tenir debout. »
« J'ai bien reçu une livre de beurre de la Viette mais elle y a passé, et en peu de temps, surtout quand on n'a pas autre chose. »
« On crève la faim. »
Adolphe 29 avril 1917
« L'on n'est pas heureux car nous n'avons rien à manger : 600g de pain et une chopine de vin en 3 jours de marche jour et nuit. On est à bout de force. »
Adolphe le 5 août 1918

 

Le froid

« Heureux pour moi que je n'ai pas été en tranchées ces 4 jours car je t'assure qu'ils sont revenus dans un triste état. Il y en a 40 environ qui ont eu les pieds gelés au 2e bataillon seulement, chose qui ne s'est jamais vue. »
« Il y en a beaucoup qui ne sont revenus que le lendemain et sont restés enfoncés jusqu'aux épaules. »
Adolphe, 3 mars 1916

« Beaucoup de nous sont même presque pieds nus. Je me demande bien où sont les toiles de tentes imperméables, les bottes en caoutchouc que nous devions avoir. On l'a bien fait paraître dans les journaux mais nous n'en voyons pas la couleur. »
Édouard, le 5 décembre 1915
« [Je] suis rongé par les douleurs. Vraiment, ce n'est pas étonnant, depuis 15 mois que nous couchons dans la terre, à toutes les rigueurs du temps. »
Édouard le 28 décembre 1915

« Adolphe a envoyé une carte au petit Michel. Il dit qu'il tombe de la neige et qu'il fait froid. Ils sont dans l'eau et dans la boue jusqu'aux genoux. »
Héloïse le 8 décembre 1917 « il y en a qui en sont à leur 5e hiver à coucher dehors. »
Héloïse, le 7 novembre 1918

 

La peur

« Les pertes dans le 90 sont d'un tiers de l'effectif. Je peux te dire que sur trois camarades que nous étions ici venant de Parthenay, je suis resté seul. »
Adolphe, le 2 mars 1916
« Nous étions 30 en corvée de nuit de la 5e Cie alors qu'une marmite est tombée dans le groupe. J'ai pu m'en tirer avec quelques égratignures. Total : 9 morts et 8 blessés. »
Adolphe, le 2 mars 1916

[…] « Je vous assure que le canon gronde pour de bon. L'on n'entend qu'un roulement continu. C'est quelque chose de terrible. […] c'est peut-être 15 ou 20 km plus au nord. » Édouard, le 14 mars 1915

« Que veut-on faire de nous à présent ? Cette affaire est-elle pour demain ou après-demain ou dans 4 jours… En tout cas il faut en souffrir, de l'attente. Puisqu'il faut y passer, autant de suite que plus tard. »
Adolphe

« Depuis que nous avons changé de secteur, nous avons eu plus de morts et de blessés dans notre régiment que nous en avions eu pendant 6 mois dans l'autre secteur. »
Édouard à ses sœurs, le 3 août 1916

 
 

« Cette nuit, on a manqué de se faire bouffer par des sangliers…. C'est beaucoup moins dangereux que les boches. »
Adolphe à sa sœur. Le 9 mai 1918

« J'ai passé 4 jours de martyr en ligne et 4 nuits comme je n'avais jamais passé depuis 3 ans. J'ai été enterré deux fois sans aucune blessure. Plusieurs des camarades ne sont pas ainsi à la section. Il y a deux morts et quatre blessés et on n'est pas les plus éprouvés car il y a des compagnies, au 3e bataillon ils ne sont que 6 et 9 ou 8 sur 180 à 200. »
Adolphe - 1918

Les rats

« Voilà plus d'un mois que je ne me suis ni rasé, lavé et changé. L'on est mangé par les poux et les rats. »
Adolphe le 23 mai 1917