De l'influence de Courbet en Saintonge : l'influence de Courbet

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Après le séjour de Courbet, l’effervescence culturelle qu’il a provoquée laisse des traces. L’expérience de Port Berteau fait émerger la reconnaissance d’un paysage de Saintonge. Auguin et Pradelles tout en progressant dans leur démarche picturale continuent leur recherche dans la région bordelaise, ils font des émules qui eux aussi essayent de traduire les paysages du bordelais ou de la Saintonge, créant ainsi un foyer de paysage du Centre Ouest et Sud Ouest de la France.

Baudit, "La tour de Pons"BAUDIT (Amédée), né à Genève en 1826, décédé à Bordeaux en 1890. Il fut l’élève du peintre paysagiste Diday, puis quitta la Suisse pour Paris. Il participa dès 1852, aux expositions parisiennes, puis aux Salons des Amis des Arts de Bordeaux à compter de 1855. Dix ans plus tard, il s’installa définitivement à Bordeaux où il devint l’un des artistes les plus appréciés et l’un des professeurs les plus réputés. « Dessinateur correct et précis », selon R. Ménard et « doué d’une vision personnelle, dont la justesse et l’énergie frappent au premier abord, il traduisit la campagne avec une particularité d’expression qui marque ses œuvres comme d’une estampille ». « M. Baudit est assurément un des plus habiles paysagistes qu’il y ait en Province. Peu d’artistes, même à Paris, savent peindre avec autant d’adresse et d’élégance ».

Louis Cabié Jean Cabrit Léonce Chabry René Hérisson Georges Mignet Paul Sébilleau

Cabié, "Plaine de Thénac"CABIÉ (Louis), né à Dol (Ille et Vilaine) en 1857, décédé à Bordeaux-Caudéran en 1939. Il vint s’installer à Bordeaux vers 1870 où il fit rapidement la connaissance du décorateur bordelais, Léopold Thénot. Cette amitié lui valut l’opportunité de vendre ses premières toiles à quelques amateurs d’art locaux. À partir de 1887, il exposa aux Salons des Artistes Français et devint un familier de la Société des Amis des Arts de Bordeaux. En 1896, il ouvrit un atelier et forma de nombreux peintres. Profondément influencé par Courbet, Corot et Théodore Rousseau, Cabié affectionnait tout particulièrement les paysages de la forêt girondine, des Landes, du Périgord et de la Charente maritime (il peignit à plusieurs reprises les pittoresques falaises calcaires de Saint-Georges-de-Didonne), mais aussi ceux du Roussillon (Collioure, Port-Vendres). Le critique d’art Cagnieul, se plaisait à souligner qu’ « il se mêle toujours quelque chose de farouche, de triste, d’impromptu dans les puissantes compositions de Cabié. Ses blocs de roches ressemblent à des membres épars de titans, foudroyés, contractés encore de leur suprême effort […] ».

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Cabrit, "Bord de Charente"CABRIT (Jean), né à Bordeaux en 1845, décédé dans la même ville en 1907. Fils de négociant, Cabrit se vit dans l’obligation de marcher très tôt sur les traces de son père. Il débuta dans les affaires à ses côtés et profita de ses moments de loisirs pour s’adonner au dessin. En 1860, il prit conscience de sa véritable vocation artistique et vint à fréquenter l’atelier du peintre Salomon. Quelques années plus tard, il devint l’élève du maître incontesté du paysage bordelais, Auguin, auquel il rendra un vibrant hommage, en 1903. Dès lors, il participa aux Salons de la Société des Amis des Arts de Bordeaux, et fut présent dans de nombreuses expositions provinciales. À partir de 1881, son nom figure dans les Salons parisiens mais aussi aux expositions internationales d’Anvers, de Paris, Moscou, Venise et Barcelone et obtint plusieurs récompenses. En 1889, il fut nommé conservateur du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux qu’il dirigea de main de maître jusqu’à sa mort. Ses paysages de la région bordelaise, mais aussi de Royan de la côte atlantique révèlent, selon le critique Cagnieul « un paysagiste de style pur, noble et châtié ».

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Léonce Chabry, "Coucher de soleil d'hiver"CHABRY (Léonce), né à Bordeaux en 1832, décédé à Bruxelles en 1882. Élève de Jean-Paul Alaux et de Léo Drouyn à Bordeaux, puis de Troyon à Paris. Il se rendit à Barbizon et se lia d’amitié avec les peintres Diaz, Millet, Daubigny. Sa rencontre avec le peintre belge Wilhem Roelofs le conduisit en 1856, en Belgique. Il vécut un temps à Bruges puis à Bruxelles, peignant des sujets animaliers. Il regagna Bordeaux en 1862. Il n’eut aucun mal à trouver sa place au sein de la grande école de paysagisme bordelaise, travaillant avec Baudit et Pradelles. Ses participations aux Salons parisiens et bordelais suscitèrent bien souvent l’enthousiasme de la critique, lui reconnaissant de formidables talents, « une facture grasse et solide, une couleur juste sinon agréable ».

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Hérisson, "Parc de Cognac en automne"HÉRISSON (René), né en 1857 à Cognac, décédé dans la même ville en 1940. Élève de Louis Auguin, du peintre cognaçais Balmette et de Louis Cabié. Il fut l’auteur de très beaux paysages représentant la région de Cognac et signa également d’étonnants dessins animaliers, saisis sur le vif à la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris. Il s’essaya enfin, avec succès, à la sculpture animalière. Ses envois réguliers aux Salons des Artistes Français firent l’objet de pertinentes critiques. Homme de lettres, Hérisson fut l’auteur de très beaux poèmes et signa sous son nom de plume Henri Sorcene de nombreux articles dans l’Indicateur de Cognac.

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Mignet, "La Charente au Port-Berteau"MIGNET (Georges), né à Saintes en 1864, décédé dans la même ville en 1935. Mignet apprit les premiers rudiments de la peinture de paysage auprès de Auguin. Il réalisa des paysages saintongeais empreints d’une certaine mélancolie, sans oublier de nombreux portraits de ses animaux domestiques.

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Sébilleau, "paysage fluvial"SÉBILLEAU (Paul), né à Bordeaux en 1846, décédé dans la même ville en 1907. Élève de Auguin et de Pradelles. Il apprit l’art du paysage auprès de Auguin. Il s’inspira également de Corot dont il admirait les œuvres. Dès 1877, il exposa régulièrement aux Salons des Artistes Français puis, à compter de 1879 aux Salons des Amis des Arts de Bordeaux. Médaillé à l’exposition universelle de 1889, hors concours depuis 1899, au Salon des Artistes Français, Paul Sébilleau fut l’un des peintres paysagistes les plus brillants de sa génération, retranscrivant sur la toile, avec « poésie et émotion », les rochers de Saint-Geoges-de-Didonne, les dunes de l’Océan, les paysages des Landes et de la Dordogne. D’ailleurs « Nul ne mérita plus que Paul Sébilleau l’estime solide et raisonnée des vrais amateurs et des artistes. Cette estime, il l’imposait à tous par son talent, il la confirmait encore par sa modestie ».

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