Le kris (keris, kriss)

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Symbolisme

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Le symbolisme du kris

Un homme armé d'un kris, sur le modèle des personnages de théâtre d'ombre Un kris dans sa housse en tissu Un kris dans son support mural traditionnel

Pour les indonésiens, le kris n’est pas qu'une arme mais un véritable objet sacré. On lui attribue des vertus magiques, transmises par l’empu, le forgeron, qui est au sein de la société indonésienne une personnalité très importante.

Toute la réalisation du kris est entourée de rituels et d'étapes scrupuleusement respectés et chaque élément composant le kris est chargé de sens : le nombre d'ondulations de la lame, son ornementation, ce que représente la poignée, les couleurs de la housse du sarong, etc.


la wrangka et la poignée du kris représente une barque surmontée d'un personnageLa forme générale même du kris est très figurative et reprend une illustration classique de l'iconographie traditionnelle indonésienne : la wrangka prend la forme d'une barque sur laquelle se dresse un personnage représenté par la poignée du kris.
La forme de la lame est issue de celle du serpent, Naga, au repos et en méditation quand elle est droite, en mouvement quand elle est ondulée. La représentation la plus courante, également symbolique, sur la poignée est celle de l’oiseau mythique Garuda, ennemi des serpents. On est donc face à un jeu d’oppositions symbolique entre le serpent et l’oiseau, symbolisant respectivement la terre et le ciel. De plus, le nombre d’ondulations de la lame, allant de trois à treize (toujours impair), a une signification complémentaire et fait référence à des valeurs comme l’estime, le pouvoir ou l’harmonie.
Le matériau lui-même est censé octroyer des vertus magiques au kris, par l’utilisation de métal issu de météorites dans la composition de la lame.

La symbolique portée par le kris est donc très forte : le kris est considéré comme un double de son propriétaire, il le protège et renferme son âme. Ainsi, lors de cérémonies, le kris est porté dans le dos, sous la ceinture du costume traditionnel, afin de protéger son porteur des attaques par derrière des esprits maléfiques.

Il est d’usage dans la tradition indonésienne de réserver une pièce, ou tout au moins un recoin, destiné à recueillir des objets hérités des ancêtres et qui sont véritablement vénérés ; on appelle ces objets pusaka. Encadrés de rituels ancestraux, ces objets sont considérés comme vivants et font l’objet d’offrandes. Le kris est le plus important de ces pusaka.

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