Cherchant une source d'énergie capable d'assurer une production croissante, les deux frères décident d'utiliser la force motrice de l'eau et, comme d'autres couteliers de Châtellerault1, de s'installer le long du Clain à quelques kilomètres de la ville.

Dans un premier temps, en 1859, la fabrication est déplacée au Moulin de Molé au confluent du Clain et de la Vienne. Cependant, la force motrice s'avère insuffisante sur ce site et la société se déplace à nouveau.

 

En 1865, les frères Pagé achètent le moulin et l'écluse de Domine, hameau de trois à quatre maisons soit une quinzaine d'habitants sur la commune de Naintré. Une usine et une cité ouvrière y sont très vite construites.

 

Dès 1861, la fabrication de rasoirs confiée à Gustave Letellier, originaire de Sens, s'ajoute à celle des couteaux par l'achat du moulin de l'Archillac.

 

En 1867, à la mort de son père François, Camille Pagé s'associe à son oncle Eugène jusqu'à son retrait fin 1879. L'entreprise conserve toutefois son nom de Pagé Frères d'autant que peu à peu les autres frères de Camille, Georges en 1869, Gaston en 1872 -jusqu'à sa mort précoce en 1880-, puis Jules en 1888 intègrent la direction de l'entreprise.

 

L'entreprise prospère : couteaux de table aux manches en bois précieux, corne, ivoire, nacre…, rasoirs… Seules deux guerres modifient la production. Pendant la guerre franco-allemande de 1870, l'usine de Domine fournit à l'armée française 5 000 sabres. Puis pendant la Grande Guerre (1914-18), sabres, poignards et couteaux à cran d'arrêt de Domine équipent les soldats français.


1- Par exemple, les Mermilliod installés au moulin du Prieuré sur la commune de Cenon-sur-Vienne.

 

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