Républicain progressiste1 comme Jules Duvau2 auquel il apparaît très lié dans sa vie publique, il s'implique dans les débats politiques et sociaux de son temps.

 

Dès 1881, il est élu conseiller municipal de Naintré. Puis il est maire de la commune de 1889 à 1917. Sous son impulsion, l'instruction publique est développée avec la construction de deux écoles primaires, l'école des Renardières (Jean Zay) maintenant rattachée à Châtellerault puis celle de Chézelles.  Croyant au progrès, il fait installer le téléphone dans tous les hameaux de la commune, organise la distribution du gaz. Il encourage également la création de la compagnie de sapeurs-pompiers de Naintré opérationnelle en 1895. Il développe les gares et fait relier le haut du bourg avec la place centrale (Place Gambetta) par la création de l'avenue Carnot. Patron paternaliste et dans la logique de son engagement politique, il soutient le développement des caisses de secours mutualistes pour les ouvriers et les petits salariés notamment les journaliers du monde agricole. Il est membre de la Société d'agriculture et de viticulture de l'arrondissement de Châtellerault.

Très présent à Naintré, il est par exemple nommé Président d'honneur de la société colombophile l'Hirondelle de Naintré.

Devenu conseiller d'arrondissement, il pense un temps à se présenter à la députation.

Son action lui vaut la reconnaissance publique. En septembre 1892, le Président de la république Sadi Carnot, lors de son passage à Châtellerault  pour saluer les officiers de la mission russe, lui remet les palmes d'officier d'académie. Enfin, le 11 octobre 1906, il est décoré de la Légion d'honneur.

 

Camille Pagé meurt à Domine le 22 juillet 1917.


1 - Les Républicains progressistes se présentent comme très attachés à la constitution de la IIIe République et hostiles à toute idée collectiviste. Ils ne souhaitent ni  la séparation de l'Église et de l'État, ni l'impôt global sur le revenu et se déclarent pour « le maintien intégral des lois scolaires et militaires, une répartition plus équitable des charges de l'impôt, la simplification des rouages administratifs, plus de sacrifices pour l'agriculture, le commerce et l'industrie, plus de prévoyance pour les infortunes et les derniers jours des travailleurs des villes et des champs ».(citation de Jules Duvau dans un discours à la Chambre des Députés).

2 -  Jules Duvau (1855-1928) est maire de Châtellerault de  1888 à 1896, puis député de la Vienne de 1896 à 1902.

 
 

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