Louis Lessieux photographe

appareil photographique utilisé par Louis Lessieux

Comme nombre de ses contemporains, Louis Lessieux trouve avec la photographie un outil rêvé pour approfondir ses recherches sur l'espace, la composition. Avant tout coloriste, il est poussé par le mystère de la couleur à s'intéresser à l'autochrome et aux autres procédés de photographie trichrome. On imagine la curiosité des artistes à l'avènement de la « photographie des couleurs ». Leur palette concurrencée par les innovations de physiciens et de chimistes associés aux industriels les plus en pointe. Rapidement d'ailleurs la mode des « autochromistes » verra le jour. On pratique dès 1907 « l'autochromie » et la maison Lumière elle-même produira de petits chefs-d'œuvre.7

Aquarelliste et autochromiste : Louis Lessieux habite le monde de la couleur. Il pose son dessin devant un paysage, saisit ses modèles au gré de la lumière des lieux qu'il fréquente (plage, atelier…). Il est de toutes les expériences chromatiques. Dès les années 1910, il s'essaie à la photographie couleur, en particulier lors de ses voyages dans le Maghreb. Il poursuit dans ses lieux de villégiature préférés : sur l'île d'Oléron ou sur la côte méditerranéenne. « J'ai eu l'occasion de faire sur une plage de l'île d'Oléron, des nus d'une admirable danseuse russe…/… Favorisé par une brillante lumière de juin j'ai pu faire des instantanés sur plaques autochromes. Quels beaux clichés sous ce soleil qui nacrait les tons de chair. Les reflets chauds du sable venaient illuminer les ombres violettes. Presque toutes ces photos avaient pour fond une mer très bleue. »8

7 Les Frères Lumière eux-mêmes mais aussi des opérateurs de renom ayant travaillé pour eux (Jean-Baptiste Tournassoud, Gabriel Veyre), les photographes autochromistes des Archives de la Planète d'Albert Kahn , etc.

8 Lessieux Louis, « L'art de la composition (1) », Photo-Revue, 15 novembre 1932, p. 340.