Les photographies couleur des frères Lumière

Les célèbres inventeurs-industriels5 élaborent une méthode de restitution des couleurs en photographie suite aux recherches menées avec Louis Ducos du Hauron. Les trichromies Lumière, ou « diapositives Lumière », ont la caractéristique de donner des photographies sur plaques de verre avec une saturation des couleurs assez importante et à tons continus. En ajoutant à ces qualités la capacité de voir les images en relief grâce à la stéréoscopie le résultat est étonnant. Malgré tout, ce procédé, lancé à Paris pendant l'Exposition Universelle de 1900, ne pourra être développé commercialement, la technique pour l'obtention d'une image étant bien trop complexe et le principe ne pouvant être simplifié.
Conscients de ces difficultés, mais convaincus qu'un procédé photographique couleur commercialisable serait une aubaine pour les photographes toujours plus nombreux et un succès pour leur société, les industriels ne comptent pas en rester là. Ils poursuivent ardemment leurs recherches, déposent plusieurs brevets dont un « procédé de photographie en couleur » en 1903. La technique d'obtention de photographies couleur sur plaques de verre y est clairement définie. Mais il faudra encore quatre ans aux frères Lumière pour pouvoir en développer le processus de fabrication et de production. En 1907 débute la commercialisation des plaques Autochromes et dans leur sillage de nombreux autres procédés de plaques à réseaux.
Ce sera le début d'un nouveau succès pour la société française avec des productions journalières qui avoisinent les 6000 à 7000 plaques. Cette production moyenne tombe à 1500 plaques par jour après guerre, mais la plaque autochrome dominera le marché jusqu'à la fin de la production en 1932.

5 Réputés, dans la mémoire collective française, pour être les inventeurs du cinématographe Auguste et Louis Lumière ont développé leur empire industriel avec leur père Antoine. C'est grâce à la photographie et en particulier par un développement industriel de la production de papiers et surtout de plaques sèches au gélatino-bromure d'argent que la Société Lumière prospère. En 1895, année de la première projection cinématographique, le chiffre d'affaire de la société est de plus de 3 millions de francs et la vente des plaques y contribue à plus de deux tiers.