"L'Inde avec les Anglais", photographies de la collection de Pierre Loti

L'anglophobie de Pierre Loti

L’exploitation de l’Inde

 

Loti affecte de ne s’intéresser qu’à l’Inde traditionnelle. Dans la suite du récit de son voyage (Vers Ispahan), il souligne le contraste entre l’Inde et la Perse, « restée dans une immobilité heureuse », « après la pauvre Inde profanée et pillée ». Il loue le Travancore, cette « Terre de Charité qui n’a pas jusqu’à présent de chemin de fer pour lui amener des parasites et drainer vers l’étranger ses richesses ».

 

Il va programmer son itinéraire de façon à n’avoir aucun contact avec l’occupant. Dont il ne dit rien, même à Calcutta où réside le vice-roi des Indes anglaises, Lord Curzon.

 

Le dense réseau de voies ferrées britanniques lui permet de sillonner l’Inde de part en part, mais il n’aura pas un mot pour les splendides gares victoriennes, comme celle de Bombay, terminée en 1888, alors qu’il s’attache à décrire les pittoresques transports indigènes qu’il utilise dans le sud du pays. Son amie et conseillère Delphine Menant (spécialiste des populations indiennes) lui rappelle que c’est « le british raj (ou la pax britannica, comme vous voudrez l’appeler) » qui permet au voyageur européen de circuler en toute sécurité.

Bayadères
précédent suivant