Le second exemplaire

 

Il existe au moins un autre exemplaire de notre tableau acquis par Charles Besteigui en 1939. Il a peu ou prou les mêmes dimensions mais présente néanmoins quelques variantes : la robe de la mariée est plus blanche, la pierre à droite portant la signature n'existe pas et surtout la colombe y tient un phylactère  portant une inscription :

 

Este panel foi mandado fazer pela Serenissima Senhora Princesa do Brasil D. Maria Francisca Beneditina no anno de 1788, sendo a Fidelissima Rainha D. Maria Prima ; e contem os proprios retratos et côr que representam naô so a fisionomia e côr mas tâobem altura e grossura de cada uma das seguintes pessoas as quais se tomarâo exatamente as medidas todas :
Ce tableau fut commandé pour [ou par] la princesse D. Maria Francisca Bénéditina du Brésil en 1788, la très fidèle reine étant Maria Ière. Il contient les vrais portraits en couleurs qui représentent non seulement la physionomie et les couleurs mais également la taille et la grosseur de chacune des personnes suivantes, pour lesquelles furent exactement prises toutes les mesures.

 

Bénédicte de Portugal était la plus jeune fille de Joseph 1er et la plus jeune sœur de la reine Maria Ière. Elle épouse son neveu Joseph, prince de Beira en 1777, l'héritier présomptif du trône. Elle prend le titre de princesse du Brésil et de 16e duchesse de Bragance. Mais en 1788, son époux meurt sans descendance et c'est le jeune frère de celui-ci - Jean - qui prend le titre de prince du Brésil avant de devenir Jean VI. Elle demeure toutefois princesse douairière du Brésil jusqu'à sa mort à Lisbonne en 1829.

Si, comme le reste de la famille royale, elle s'est exilée au Brésil en 1807, à l'époque du tableau elle réside au Portugal. Contrairement donc à ce qui a parfois été avancé, ce dernier n'a donc jamais été outre-Atlantique. Il est entré à un moment indéterminé dans la collection du comte de Ribeira à Sintra avant d'être acheté et accroché par C. Beistegui au château de Groussay et d'être à nouveau vendu en 1999.

 

Il ne semble pas être signé (?1). En tout cas la pierre qui dans l'angle inférieur droit porte la signature de l'exemplaire rochelais n'existe pas dans la toile Beistegui qui, d'après photo, semble présenter des visages plus expressifs.

Cette donnée et la suppression du phylactère sur notre tableau  pourraient faire avancer l'hypothèse que le tableau Beistegui est le prototype qui a servi de modèle à l'œuvre que nous conservons. Notons aussi au passage que la princesse eut comme professeur Domingos Rosa, le père de José Conrado.

 

1Nous n'avons pu l'étudier que sur photo.