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Noël Santon, portrait d'une artiste saintongeaise libre

La femme de lettres (page 2/3)

Noël Santon est une artiste complète.

Dessinatrice, aquarelliste, violoniste, ce sont en particulier ses talents dans le domaine de la gravure sur bois qui la singularisent et auxquels elle est plus immédiatement associée. La trace de ces œuvres de bois gravé a été conservée grâce à leur impression comme illustrations dans différentes publications.
Mais Noël Santon reste avant tout autre titre une femme de Lettres, dans l'acception la plus large du terme.

« Ses contes, ses poèmes, ses essais, ont fait de Noël Santon un écrivain d'une rare activité »
Paul Mourousy, Homme de Lettres, 1935.

À l'âge de 15 ans, elle écrit ce qui est probablement son premier roman, un texte manuscrit et illustré par ses soins, intitulé Simple roman et dont il n'existerait qu'un exemplaire.
Animée par une passion fervente et une forte détermination, elle entreprend, en 1920, la création dans son intégralité, de la rédaction à l'impression, et par ses propres moyens techniques, d'une revue littéraire qu'elle baptise L'Oiseau bleu.

Sa première reconnaissance dans le milieu littéraire se concrétise grâce à la publication d'un roman sentimental, La lampe merveilleuse, récompensé par le Prix des éditions du Fleuve en 1925. Trois ans plus tard, à l'âge de 28 ans, c'est la consécration pour la romancière : son récit fantastique La Chienne de mer paraît dans la célèbre revue littéraire Le Mercure de France sous le titre L'Océanide.

Extraits de textes de Noël Santon

  • L'Océanide, VI

    L'Océanide

    VI
    Jardins de la raison, jardins à la française. Je préfère la forêt vierge et les grands fauves de la haine
    Gil Robin

    La ceinture d'argent de la Garonne luit sur le ventre de Bordeaux, - grosse silhouette étendue, sous une épaisse chaleur de juillet, comme un Silène à côté de ses muids.
    Les longs cigares des usines jettent leurs cendres grises vers l'azur, rayé au lointain de bandes mauves comme du jus de raisin. Les entrepôts affichent les célèbres crus d'alentour. Tout au long des quais, les chantiers étalent leurs carcasses de navires. D'énormes coques sombres, alourdies de clarté, somnolent en attendant que se réveillent leurs hélices pour broyer de nouvelles vagues.
    À l'une des fenêtres d'un bel hôtel, situé cours du Chapeau-Rouge, un homme songe, le front collé aux vitres.
    Derrière lui, au fond de la pièce, affalé sur un divan docile aux courbes de son pyjama, Jean Moutier feuillette un livre en aspirant une cigarette.
    Il y avait quinze jours que le jeune armateur, accompagné de son protégé, avait quitté le Goéland pour reprendre sa vie d'affaires et de plaisirs. Après son long voyage, les pavés de Bordeaux lui avaient semblé plus précieux. L'existence coutumière reprise avec un compagnon imprévu se parait des charmes d'une nouveauté.
    L'inconnu avait des douceurs fraternelles et des façons de grand seigneur. Toutefois, il demeurait un peu vague, un peu mystérieux, sous le masque de sa prudence, et son nom d'emprunt, - très banal, plein d'ironie, trouvé par Jean Moutier : Pierre Legrand.
    La philosophie de la souffrance alanguissait ses gestes, atténuait le brillant de son intellectualité qu'on devinait puisée aux meilleures sources. Et le jeune armateur ne pouvait s'empêcher de s'étonner que cet homme, magnifiquement doué et cultivé, ne se fût pas, d'un seul coup de reins, remis au niveau de l'existence qu'il retrouvait.
    Immobile, paraissent fasciné par le mouvement du cours, le russe dessinait sur la fenêtre claire les lignes sombres de son corps élégamment vêtu. Le trait blanc du col s'harmonisait avec la pâleur de la joue. Sous un rayon ses cheveux blondissaient, cachant les fils d'argent que la souffrance, plus encore que la quarantaine, avaient fait naître.
    Plein de gouaille et d'entrain, Jean le héla, soudain :
    - Hé, monsieur le prince,… où allons-nous, ce soir ? Je suis fourmillant de projets. Il fait chaud… Gagnons-nous Lormont à la nage ? Où bien, puisque vous êtes amateur d'autographes, allons-nous nous rafraîchir dans les pénombres de la bibliothèque, pour découvrir parmi ses quinze mille manuscrits l'exemplaire des Essais de Montaigne ?
    Pierre Legrand ne se retourna pas. Sa voix grave répondit :
    - Allez !... Je vous suivrai.
    - Mon ami, reprit Jean d'un ton sérieux, je sens que vous vous ennuyez ; que mes boutades, mes efforts pour vous distraire restent vains. Est-ce que le séjour à Bordeaux ne vous sourit point ? Voulez-vous que nous partions, dès demain 1er août, pour Royan ?

  • L'Océanide, XVII

    L'Océanide

    XVII
    Qui donc apprend aux hommes l'enchaînement des causes, et qu'une logique impitoyable se sert des conséquences pour établir le destin ?
    Claude Chauvière.

    Je reviens des profondeurs où l'homme et la bête se touchent. Le résultat de cette étreinte m'a rappelé, justement mon espèce. J'ai voulu être un homme, désormais, pour la vie que j'ai créée.
    J'ai subi la lutte terrible contre la sauvagerie envahissante, l'angoisse de me sentir descendre, degré par degré, l'échelle des êtres… Aucune souffrance ne peut être comparable à la conscience de cet abaissement progressif. C'est là qu'on perçoit vraiment que la vie vous échappe… Elle se rapetisse, se brutalise, flotte comme une immense agonie. Les souvenirs s'éteignent capricieusement. On devient la proie des instincts et de l'ambiance. On perd tout. – en des phases : les unes lentes où l'on s'étudie ; les autres rapides où l'on se laisse glisser… - pour arriver jusqu'à l'effondrement ultime, l'effondrement de la raison.
    C'est à la bestialité la plus violente que je dois d'avoir sauvé ma raison. J'ai échappé à deux naufrages : celui du bateau qui m'emportait confiant vers l'accomplissement de ma mission – et celui de mes facultés. Le destin qui fut le mien est singulier. Pourquoi n'ai-je point trouvé la mort dans le drap noir ourlé d'argent de la mer furieuse ? Pourquoi ne suis-je pas devenu tout simplement un sauvage hébété, mû par le seul souci de faire claquer ses mâchoires sur une carcasse de gibier, et de grogner avec satisfaction en regardant le soleil ?
    Donc, un incident prodigieux m'a préservé de l'enlisement contre lequel se débattait ma conscience. Ce heurt brutal m'a donné un but de vivre. Et n'est-ce point parce que je n'avais plus de but, plus d'espoir, que je défaillais lentement ? J'ai rappelé à moi toutes les forces de mon esprit, toutes mes énergies cérébrales. Je suis remonté vers la lucidité comme un prisonnier parvient à la lumière au bout d'une galerie profonde. Ô le triomphe de cette évasion !... J'ai joui d'avoir eu cette vigueur. J'ai éprouvé le bien-être qui peut baigner certains aliénés, guéris, en quittant la maison de santé.
    Au fond de mon cœur brûle toujours le regret d'être fixé à jamais sur cette île. Mais il s'est atténué grâce au trésor que j'ai recueilli. Mon décor de misère s'est modifié. J'ai pu contempler avec calme, ou même avec admiration, les ignobles rages de l'Océan mordant la côte, et l'auguste sérénité des plaines badigeonnées de couleurs. Le mineur qui découvre un filon voit s'éclairer les parois de sa mine. Et le joug de l'habitude est puissant sur les épaules humaines.
    J'ai reconquis, non seulement la possibilité de continuer ma vie, mais encore le désir de la garder, lucide et raisonnable. Cela, davantage pour mon trésor que pour moi. L'homme a beau être égoïste, les forces extérieures sont souvent pour lui les plus impérieuses.
    Désormais je comprends, je me souviens, je classe mes périodes de folie et de résignation.

Mais vivre de sa plume reste du domaine du fantasme pour Noël Santon. Les distinctions et les hommages éditoriaux ne lui garantissent pas pour autant le confort matériel nécessaire. Pour assurer le quotidien, elle diversifie son activité littéraire, vulgarise son écriture et produit à la demande des romans populaires en masse sous couvert de nouveaux pseudonymes, dont ceux de Noël de Guy et de Julien Lescap, pour différencier sa production « alimentaire » de son œuvre littéraire.

La précarité de sa situation s'aggrave encore durant la période de l'occupation allemande et de l'immédiat après-guerre. Noël Santon a quitté Saint-Julien-de-l'Escap et son domaine dès 1935, suite au décès de sa mère, pour s'installer et mener une existence modeste et discrète à Saint-Jean d'Angély. Ce n'est qu'en octobre 1953, en acceptant les fonctions d'archiviste-bibliothécaire de Saint-Jean d'Angély que Noël Santon sort véritablement du dénuement et renoue enfin avec l'enthousiasme et le dynamisme qui la caractérisent. Elle emménage alors au rez-de-chaussée de la bibliothèque, située au 15 rue d'Aguesseau, face à la cour du cloître de l'abbaye, et se livre au classement rigoureux des ouvrages, à la remise en état minutieuse des reliures et à l'étude passionnée du fonds des archives. C'est cet environnement riche de sources patrimoniales plus ou moins inédites qui l'inspire et nourrit l'écriture de ses derniers romans historiques.

Poèmes de Noël Santon

Cliquez sur les titres pour accéder au texte des poèmes.

  • Inconnu

    Inconnu

    As-tu mal d'être seule en la chambre déserte
    Par ce gris crépuscule où le foyer s'éteint ?
    Les vitres, sous le froid, sont des glaces sans tain
    Derrière quoi s'effile en une lueur verte
    Le sinistre brouillard des arbres au lointain.

    Le soleil a fini son règne. La nuit pâle
    Pose ses mains de glace au front de ta rancœur.
    As-tu mal d'être seule, et sans rien dans le cœur
    Que les glauques reflets d'une mourante opale
    Comme un bijou d'adieu qu'iriserait un pleur ?

    As-tu mal d'être ainsi, vide comme une conque
    Où bruit l'illusion du vent et de la mer ?
    Ce soir est un soir morne et plat, - un soir quelconque
    Sans faste, sans reflets de printemps ou d'hiver,
    Glissant au ciel ainsi qu'on long rideau de fer.

    Mais peut-il t'enfermer dans plus de solitude ?
    Rien ne bouge. Tes yeux sont clos. Tes doigts sont las.
    Les dieux sont morts, sans doute ; et tu n'entendrais pas
    Leur voix grêle, en ton extatique lassitude…

    Car il est des instants où le cœur est très bas !

    Reste ainsi. Rien ne peut rompre cette harmonie
    Mortuaire, du grand silence aux cierges noirs.
    Ce n'est qu'un soir, le plus banal entre les soirs,
    Où l'on pourrait penser que la route est finie
    Tant l'horizon est clos aux plus frêles espoirs.

    Pèse encor sur ton front. Alourdis tes paupières.
    N'espère plus qu'un pas glissera vers ton seuil !
    Roidis-toi longuement, couchée en ton orgueil !
    Nuls bras ne se tendraient vers tes vaines prières ;
    Et la lune, sur toi, seule, veille d'un œil.

    Le néant ! Son ivresse adorable et farouche.
    Et la mort imitée avec son calme blanc,
    Son étreinte sur un corps qui n'est plus tremblant !
    Un voile sur les yeux, une paix sur la bouche…
    Agrandis-toi jusqu'aux confins du soir dolent !

    Fera-t-il jamais jour ? Le sait-on ? Mais, si l'aube
    Dénouant du sommeil cette agrafe de jais,
    Sculptait, penché vers la tristesse de ta robe,
    Un visage d'amour, consolant, frais,

    Relève-toi, très douce, en disant : Je rêvais…

  • Légende

    Légende

    J'ai commis la folie, -un peu naïve, - et triste,
    En ce temps où sont morts les contes d'autrefois
    D'imaginer avec mon pauvre cœur d'artiste
    Un de ces contes bleus qu'on ne vit qu'une fois.

    Un soir, dans la splendeur pâle d'un clair de lune,
    Un matin dans l'or clair d'une aube de beauté,
    J'ai rêvé qu'une fée errant sur la lagune
    Me transportait au sein d'un pays enchanté.

    Les arbres bleus avaient des feuilles d'espérance ;
    Les oiseaux, ainsi que de petits chantres purs,
    Célébraient la douceur, la foi, la confiance ;
    Et le lierre enserrait les pierres des vieux murs.

    Les papillons volaient comme des songes roses
    Sur des fleurs qui s'ouvraient comme des lèvres d'or ;
    Un émoi tremblait sur le visage des choses ;
    Et la source savait rire et pleurer encor…

    Le jour avait un ciel et la nuit des étoiles ;
    Un soleil miroitait dans chaque flaque d'eau ;
    L'azur était sans brume, et l'âme était sans voiles ;
    Et rien ne pouvait être aussi grand, aussi beau

    Que le couple divin que nous formions ensemble
    Marchant, l'extase au front, sur le bleu du chemin,
    Près de l'espoir qui chante et du saule qui tremble,
    Cependant qu'un amour nous guidait par la main.
    :- :- :- :- :
    C'était une folie, - un peu naïve,-et triste,
    De croire qu'on pouvait rêver comme autrefois !
    Le caillou du sentier n'est plus une améthyste ;
    La tendresse en les cœurs n'a plus la même voix.

    Les arbres ne sont plus que des branches qu'on coupe !
    Baisers et papillons, hélas, sont démodés…
    La fleur ne contient plus que du fiel en sa coupe ;
    Le lierre est détaché des songes lézardés.

    Hélas, quel destin sombre, ou quel morne génie
    Éteignit la splendeur du paysage ardent ?
    Le conte est défloré… la Légende est finie…
    Et rien n'est aussi triste, - en ce soleil couchant, -

    Auprès du souvenir de deux âmes ensembles
    Que cette ombre marchant, seule sur le chemin,
    Près du doute qui pleure et du saule qui tremble
    Cependant qu'un regret la guide par la main.

    St-Denis, 16 sept 23

  • Tendresses

    Tendresses

    Je vous aime. J'ai mal, à force de tendresse…
    Mon cerveau plein de vous est ivre de clarté.
    Quand je cherche sur vous notre adorable ivresse
    Je vous trouve ainsi qu'un jardin gonflé d'été.

    Laissez-moi caresser votre front jusqu'à l'âme,

    Vos yeux jusqu'aux rayons de l'ultime chaleur !
    Je veux rougir vos doigts de pétales de flamme ;
    Et je veux caresser votre sein jusqu'au cœur.

    Je vous aime. Indicible et splendide folie
    Qui court comme un ruisseau palpitant et vermeil,
    Au long de votre corps enfiévré qui se plie
    Sous l'éblouissement d'un rêve de soleil.

    Donnez-moi vos frissons : bourgeons vifs et mouillés !
    Dans la coupe d'amour, - image défaillante, -
    Baignent les cœurs trop lourds, dans l'amour ciselés,
    De trois roses sanglantes.

  • Sur la route

    Sur la route

    Viendra-t-Il ? J'attends sur la route…
    Je compte les frêles instants.
    Viendra-t-Il ?.. J'écoute… j'écoute…
    De tout mon cœur, j'attends… j'attends.

    Voici la route qu'Il doit suivre :
    Elle s'étend jusqu'au lointain.
    Les arbres noirs au ciel de cuivre
    Font des guipures de satin.

    Dans l'air tiède et rêveur qui stagne
    Un parfum flotte… Est-ce le sien
    Qui va, léger, par la campagne
    Afin de m'annoncer qu'Il vient ?

    Mon regard scrute toute chose :
    Je vois les fleurs du ciel flâner ;
    À mes doigts s'effeuille la rose
    Que j'apportais pour lui donner.

    Viendra-t-Il ? J'écoute… j'écoute...
    Dans le silence avec ferveur.
    Un choc résonne dans mon cœur :
    Mes amours ne viendrez-vous pas ?

    Une voix trouble le silence :
    Est-ce sa voix ? Non, tout se tait.
    C'est la voix de mon espérance
    Qui, pieusement, l'appelait.

    Mes yeux fouillent le crépuscule :
    La route pâle aux arbres noirs ;
    La lune, jaune renoncule,
    Fleurit le jardin les beaux soirs.

    Ah ! Viendra-t-Il ? Instants sans nombre
    D'angoisse et de vœux tremblants !
    Mais… là-bas… sous les arbres blancs
    Cette ombre frêle… Est-ce son ombre ?

    Elle vient. N'est-ce pas ? C'est Lui !
    Ô chère minute suprême…
    Mes yeux se perdent dans la nuit.
    Ah ! mes amours que je vous aime !

    L'ombre va… ce n'est qu'un passant !
    Viendra-t-Il ? J'attends sur la route…
    Viendra-t-Il ? J'écoute… j'écoute…
    Sangloter mon cœur frémissant.

  • Respect

    Respect

    Comme un vase sacré, comme un mystère ardent,

    J'ai peur de te toucher, ma divine Tendresse…

    Et je cache mon front sur ton sein que je presse ;

    Et je rougis d'amour, délicieusement.

    Du désir d'infini ma poitrine s'oppresse.

    Et mon silence, seul, ose un rêve grisant.

    Donne-moi du courage, encor, éperdument ?

    Murmure à mon cœur fou ton attente d'ivresse ?

    Dis-moi que mon audace est chère à tes frissons ?
    Que tes lèvres ont soif de baisers plus profonds ?
    Dis-moi qu'en un espoir ta volupté se noie ?

    J'ai peur de te toucher, comme un objet sacré !
    Et j'ai besoin de voir ton regard enivré
    Rassurer ma tendresse en s'offrant à sa joie !

  • Poésie

    Poésie

    Le soir vient d'incliner son front vers nos mains pâles…
    Les paillettes du rêve argentent l'infini…
    Et je sens ton baiser immense qui frémit,
    Divine Poésie, ma sœur aux yeux d'étoiles !

    Le soir s'est étendu comme l'ombre d'un songe
    Exténué, sur le jardin chaud comme un cœur ;
    On entend soupirer la tendresse des fleurs ;
    Et l'âme des clartés en le bleu se prolonge.

    Le nocturne léger des arbres apaisés
    Pique sur le bassin les notes d'or des feuilles...
    Une rose dernière attend que tu la cueilles
    Ô mon cœur, pour demain refleurir en baiser !

    Abandonne au vent doux tes mains lasses et pâles…
    Notre songe s'évade au seuil de l'infini ;
    Viens, ma sœur, t'égarer aux jardins de la nuit
    Pour plonger nos yeux fous dans les yeux des étoiles