La conception chrétienne


Adam et Eve, entièrement nus, vivaient insouciants dans le jardin d'Eden.
Après avoir croqué la pomme, leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils surent qu'ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuiers, ils s'en firent des pagnes (Genèse 3 7).

Le Moyen âge chrétien se montre effarouché par
la représentation de la chair nue.

Pour cette société pétrie d'enseignement chrétien, le nu caractérise
ceux qui ne participent pas à la vie du groupe : les fous,
perdre la raison signifiant perdre la décence, les très pauvres,
ou encore ceux qui, en état de pécher, s'en sont exclus,
les adultères par exemple. Au contraire, le vêtement permet
de situer la place qu'occupe un individu dans la société.

La nudité se limite à quelques thèmes, toujours religieux, parmi lesquels
le corps du Christ, les ressuscités du Jugement dernier,
la figuration des damnés, les scènes de martyrs
(Saint Sébastien en particulier), Adam et Eve.

Toutes les représentations mettant en scène le corps humain témoignent
du peu de volonté à montrer des formes musculaires anatomiquement
parfaites, celles-ci étant ramenées à un simple jeu graphique ornemental.
Rappelons que la dissection restera interdite par l'Eglise jusqu'au 13e siècle
et que, finalement, ce n'était pas le propos des artistes de cette époque
.




Aux 14e et 15e siècles,
on redécouvre progressivement
l'anatomie du corps humain et
l'harmonie de ses proportions.


Sa représentation évolue
du schématisme graphique vers
une prise de conscience plus forte
du volume situé dans l'espace.

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