Dès le Crétacé, la morphologie des oiseaux suggère la possibilité d'effectuer de longs vols, mais l'apparition de vols migratoires n'est pas scientifiquement déterminée.

Il est envisageable que les premières longues migrations aient vu le jour lors du premier grand refroidissement climatique (40-24 millions d'années) puis se soient mises en place avec l'accroissement de la saisonnalité. Les premiers fossiles de passereaux trouvés dans l'hémisphère nord (en France) datent de 20 millions d'années ; un d'entre eux a été identifié comme appartenant à une alouette.

L'Antiquité

Histoire des animaux, Aristote, édition de 1619 Histoire des animaux, Aristote, édition de 1619 Médiathèque Pierre-Moinot, fonds anciens, 194
Communauté d'Agglomération du Niortais
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Dès l'Antiquité grecque, la pensée savante s'efforce d'approfondir les connaissances sur les déplacements saisonniers des animaux.

Dans plusieurs passages de l'Histoire des animaux, Aristote (384 - 322 av. J.-C.) reprend à propos de certaines espèces d'oiseaux et pour des animaux aquatiques l'idée d'hibernation et de métamorphose. Il pense notamment que le rougegorge est une métamorphose hivernale du rougequeue à front blanc ou que certains oiseaux comme les cigognes, les merles, les tourterelles, les alouettes et les hirondelles hibernent.

Il mentionne cependant avec pertinence le trajet migratoire des grues, des steppes scythes jusqu'aux marais près des sources du Nil.

Au Moyen Âge

Historiae animalum liber, Conrad Gesner, tome III, 1585 Historiae animalum liber, Conrad Gesner, tome III, 1585 Médiathèque Pierre-Moinot, fonds anciens, 194
Communauté d'Agglomération du Niortais
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Les encyclopédistes du Moyen Âge n'ont gardé des textes antiques que la migration relative aux oiseaux : oies, cigognes, grues, cailles... négligeant totalement celle des autres espèces animales.

Dans leurs analyses du phénomène naturel, ces encyclopédistes donnent le primat à l'interprétation morale et spirituelle. À leurs yeux, les phénomènes migratoires tiennent non pas à des motifs climatiques ou biologiques mais à une raison d'ordre supérieur : la migration, le passage d'un lieu à un autre, n'est en réalité rien de moins qu'un modèle proposé par Dieu aux hommes, qui peuvent ainsi, s'ils se conforment à ce qui s'apparente à une conduite, s'approcher de lui et connaître son amour éternel.

Le temps des naturalistes

Histoire naturelle des oiseaux, Buffon, Tome I, 1770 Histoire naturelle des oiseaux, Buffon, Tome I, 1770 XVIIIe siècle
Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon
Collection du musée Buffon, Montbard
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Dès le XVIe siècle, Pierre Belon (1517 - 1564), naturaliste français, est un des premiers à rejeter la théorie de l'hibernation et à avancer, preuves à l'appui, celle de la migration. Il publie en 1555 l'ouvrage Histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions et naïfs portraicts retirez du naturel.

Dans son ouvrage Histoire naturelle des oiseaux paru en 1770, Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788), naturaliste français, adhère aux thèses migrationnistes et entraîne ainsi l'opinion de ses contemporains même si certaines réticences demeurent. Cette croyance persiste cependant en 1878, quand Elliott Coues énumère 182 ouvrages contemporains traitant de l'hibernation des hirondelles.

Le Comte de Buffon Transformation... ou migration ?

Histoire naturelle des oiseaux

342 - Le Cravant 342 - Le Cravant 342 - Le Cravant Gravure extraite de l'Histoire naturelle des oiseaux de Buffon
Estampe aquarellée, Martinet, XVIIIe siècle
Musée Buffon, Montbard
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Publiée de 1770 à 1783, l'Histoire naturelle des oiseaux compte neuf tomes numérotés de 16 à 24 dans son édition originale. Au projet initial de simples « planches enluminées » se substitue finalement un projet regroupant textes et illustrations équivalent à celui des autres volumes de l'Histoire naturelle.

351 - Rossignol des murailles mâle et femelle 351 - Rossignol des murailles mâle et femelle 351 - Rossignol des murailles mâle et femelle Gravure extraite de l'Histoire naturelle des oiseaux de Buffon
Estampe aquarellée, Martinet, XVIIIe siècle
Musée Buffon, Montbard
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Le texte très généreux, et sans équivalent dans la littérature ornithologique de l'époque, n'est que partiellement l'œuvre de Buffon. Philippe Guéneau de Montbeillard (1720-1785) signe une grande partie des articles jusqu'au volume 6, puis c'est l'abbé Gabriel-Léopold Bexon (1748-1784) qui rédige les trois derniers volumes, suivi de « Daubenton le jeune » et enfin du comte de Lacépède.

412 - L'Épervier 412 - L'Épervier 412 - L'Épervier Gravure extraite de l'Histoire naturelle des oiseaux de Buffon
Estampe aquarellée, Martinet, XVIIIe siècle
Musée Buffon, Montbard
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750 - Le Râle des Genêts 750 - Le Râle des Genêts 750 - Le Râle des Genêts Gravure extraite de l'Histoire naturelle des oiseaux de Buffon
Estampe aquarellée, Martinet, XVIIIe siècle
Musée Buffon, Montbard
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C'est François-Nicolas Martinet (1730- ?), initialement ingénieur et dessinateur, qui réalise les 1008 dessins et gravures sur cuivre de l'ouvrage. Une « armée » d'ouvriers travaille de concert avec lui pour enluminer, c'est-à-dire aquareller les planches une à une.

Buffon dira par la suite que cela occupa « plus de quatre-vingts artistes et ouvriers » pendant plus de cinq ans. Les couleurs appliquées à la main sont contrôlées par « Daubenton le jeune », c'est-à-dire Edme-Louis Daubenton (1732-1786), cousin de l'anatomiste montbardois et collaborateur le plus connu de Buffon. Elles sont définies par recoupement entre les descriptions envoyées par les correspondants que Buffon nomme de par le monde à titre gracieux, et les oiseaux vivants ou naturalisés conservés au cabinet du roi.

Les oiseaux migrateurs ont comme des petites boussoles qui les aident à s'orienter.
Vrai ou faux?

Illustration d'une boussole

La réponse ici

Vrai, ils se repèrent grâce au champ magnétique.

Quels oiseaux se rassemblent ainsi en septembre ?

Illustration d'un rassemblement d'hirondelles

La réponse ici

Les hirondelles