Aristote (384 - 322 av. J.-C.), philosophe grec, est l'auteur d'un traité zoologique écrit en langue grecque vers 343 av. J.-C. intitulé L'Histoire des animaux et composé de 9 livres.
Dans le livre 8, il décrit les modes migratoires de plusieurs espèces d'oiseaux en reprenant des théories déjà présentes à son époque et en observant le comportement des animaux. Comme d'autres observateurs avant lui, Aristote constate l'absence de certaines espèces à une saison donnée et en déduit :

la migration…


769 - La grue 769 - La grue 769 - La grue Gravure extraite de l'Histoire naturelle des oiseaux de Buffon
Estampe aquarellée, Martinet, XVIIIe siècle
Musée Buffon, Montbard
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« Il y a beaucoup d'oiseaux qui se retirent ; […]
Dans ces migrations, les uns viennent de lieux voisins ; d'autres viennent de toute extrémité, peut-on dire. Par exemple, les grues se transportent de la Scythie dans les marais de la Haute-Égypte, d'où sort le Nil.
[…], ce sont les grues, parmi les oiseaux, qui émigrent d'une extrémité de la terre à l'autre. Elles volent en prenant le vent. […] »

ou l'hibernation…

« […] les autres, qui en sont plus loin, ne migrent pas ; et ils se cachent. On a trouvé bien souvent des hirondelles tout amaigries dans des trous, et vu des milans sortir de ces mêmes trous, quand ils se montrent pour la première fois de l'année. »

... voire la transformation


361 - La Gorge-Rouge et la Gorge-Bleu 361 - La Gorge-Rouge et la Gorge-Bleu 361 - La Gorge-Rouge et la Gorge-Bleu Gravure extraite de l'Histoire naturelle des oiseaux de Buffon
Estampe aquarellée, Martinet, XVIIIe siècle
Musée Buffon, Montbard
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« Les rouges-gorges et les oiseaux qu'on appelle queues-rouges se métamorphosent de l'un à l'autre. Le rouge-gorge est un oiseau d'hiver ; le queue-rouge est un oiseau d'été ; mais on peut assurer qu'il n'y a de différence entre eux que celle de la couleur, et pas d'autre. »
Depuis l'Antiquité, de nombreux textes font allusion à des transformations censées affecter, à un moment donné de l'année, les animaux : ainsi l'épervier se transformerait en coucou, le hamster en caille, le rougegorge familier en rougequeue à front blanc

Ces transformations peuvent en réalité s'analyser et se comprendre comme la perception d'un phénomène migratoire marqué par des mouvements croisés d'animaux. En Grèce, le rougegorge familier est un hivernant strict et le rougequeue à front blanc ne se voit que l'été.

La légende de la Bernache cravant Le calendrier migratoire

La caille

Caille des blés Caille des blés Caille des blés Mâle
Pds. 125 ; L. 20 ; Envergure 35
Collecté à Vernoux-en-Gâtine (Deux-Sèvres) en 1965
Collection du musée Bernard d'Agesci à Niort.
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Pline l'ancien (23 - 79 après J.-C.), écrivain et naturaliste romain, est l'auteur d'une encyclopédie en 37 volumes intitulée L' Histoire naturelle.

Influencé par Aristote, Pline reprend, pour l'essentiel, les affirmations de ce dernier avec quelques passages différents.

Dans le livre 10, chapitre 33, il décrit les modes migratoires de la caille par l'observation ou par l'interprétation.

Pline se fait l'écho de nombreux textes de l'époque qui relatent que les cailles sont surprises par un vent contraire alors qu'elles traversent la mer, ou trop épuisées, elles se posent en masse sur des navires : « La caille, qui arrive même avant les grues […] non sans danger pour les navigateurs quand elles approchent de la terre; car il arrive à la volée entière de s'abattre sur les voiles (et cela, toujours de nuit) et de submerger le bâtiment. »
« Si le vent contrarie la marche de la troupe, ces oiseaux lestent leur vol en prenant des pierres un peu pesantes, ou en se remplissant le gosier de sable. »

Ici, Pline part d'une observation réelle : les cailles absorbent de petits cailloux que l'on retrouve dans leur jabot. Mais si les cailles ont des cailloux dans leur estomac, ce n'est pas pour se lester face au vent mais pour faciliter la digestion des graines dont elles se nourrissent.

170 - La caille 170 - La caille 170 - La caille Gravure extraite de l'Histoire naturelle des oiseaux de Buffon
Estampe aquarellée, Martinet, XVIIIe siècle
Musée Buffon, Montbard
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Pline fait également allusion à une croyance selon laquelle le premier oiseau en tête de la migration est capturé systématiquement par l'épervier. Pour cette raison, les cailles choisissent le râle des genêts (ortygomètre) pour prendre la tête de leur migration. Au retour, elles sollicitent d'autres oiseaux pour les accompagner, comme le hibou (otus).

« C'est donc avec l'aquilon surtout qu'elles volent, ayant pour chef l'ortygomètre (mère des cailles). La première qui approche de terre est enlevée par l'épervier. Quand elles s'en retournent, elles sollicitent toujours de la compagnie ; à leur persuasion, la glottide, l'otus (moyen-duc, stryx otus) et le cychrame partent avec elles. »

La caille des blés