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La pantine : une coiffure particulière

 

 Qu’est-ce qu’une coiffe ?

 

Un soin particulier a toujours été apporté à la protection et à la parure de la tête. Par coiffure, on désigne tout ce qui sert à couvrir ou à orner la tête. Les femmes ont porté des coiffes, jusque dans la première moitié du 20ème siècle. A travers ce type de coiffure, les moeurs et la mode s’approprient un autre mode d’expression. Toute coiffure est "identification" voire symbole.

La chevelure de la femme, considérée comme "parure naturelle", et sa nuque, devaient être cachées, par pudeur et par superstition. Jour et nuit, elle porte une coiffe, un chapeau ou un bonnet.

Les traditions, les modes et les lieux diversifient les modèles selon la créativité et l’habileté des lingères et des brodeuses.

Les coiffes sont ainsi reconnaissables, selon leur région et voire leur paroisse. Chaque forme de coiffe prend alors un nom local (appellation vernaculaire).

En fonction de leurs ressources, les femmes veillent à confectionner et à posséder plusieurs exemplaires, afin de les associer à des occasions ou des manifestations particulières. Longtemps, la coiffe fut une parure distincte, permettant d’attester de la richesse d’un foyer, et de son rang social.

Les plus belles coiffes sont réalisées par des brodeuses professionnelles. Les coiffes de fête sont parées de bijoux (perles, épingles), parfois de fleurs artificielles, de dentelles et souvent d’un ruban de soie brochée ou de moire.

Une coiffe se compose de trois parties distinctes : le fond est plissé ou paillé, souvent brodé ; la passe plate retient le fond ; l’avant (barbes, lite, facière...) borde le visage.

L’intérieur souvent matelassé, portant des noms divers comme entre autres "cayenne", resta cependant la coiffure de travail et de la vie quotidienne d’un certain nombre de ces femmes.

 

Situation géographique

La pantine est une coiffure de femme, portée dans la région du Haut-Poitou, qui sétend des collines du Porteau, à proximité de Poitiers, jusqu’à Angliers et de Neuville à Mirebeau.

Définition

Le nom de pantine a été attribué à ce modèle de coiffe portant deux pans flottants dans le dos. En effet, son origine viendrait de ses longs pans, appelés également " pantines ". Ils se composent d’un noeud et de deux rubans qui descendent parfois presque jusqu'à terre.

D’après Beauchet-Filleau, historien du Poitou, cette " coiffure de femme a remplacé la cornette ".

Cette coiffe s’apparente à la coiffe de la Mothe-Saint-Héray ou " Mothaise ", ainsi qu’à la coiffe dite " Malvina ", de la région de Ménigoute.

Description

La pantine repose sur une sous-coiffe dite cayenne, en carton et de forme conique et présentant sur sa face antérieure un bourrelet. Celle-ci est recouverte une toile blanche afin d’adoucir la forme et les coutures, puis d’un tissu bleu foncé. Un tissu fin et transparent, " l’étamine " enveloppe le tout afin d’atténuer la couleur bleue.

Un large ruban, de couleur ivoire, entoure généralement la coiffe et forme un noeud sur la nuque, pour retomber en de longs pans dans le dos. Les rubans sont très longs, c’est la seule coiffe présentant cette caractéristique, plus précisément dans le modèle de Neuville.

L’arrière du cône est recouvert d’une mousseline (pour les modèles les plus anciens) ou d’un tulle. Le fond de la pantine est plissé différemment, selon les lingères. Les broderies devenues épaisses dans la fin du 19ème siècle sont en forme de guirlandes verticales. Les points de plumetis, de bourdon et de feston sont les plus courants.

Enfin, à l’avant, deux bandes (barbes), de dentelles paillées ou plissées entourent le visage.

On situe le port de la pantine dans la seconde moitié du 19ème siècle, la pleine mode s’illustrant dans le troisième quart du 19ème siècle.

Une coiffe de deuil porte un ruban noir, mais aucune broderie.

La cornette : au 17ème et au 18ème siècles, ce mot désigne une coiffure de lingerie, en mousseline, portée par les femmes du peuple. Ce mot désigne ensuite les coiffes des villageoises et celle des religieuses. Cette coiffe se compose d’une bande de mousseline légère et de dentelle épinglée sur un bonnet et retombant de chaque côté du visage.

La Malvina : C’est une coiffe de la région de Ménigoute , ainsi dénommée en souvenir de Malvina Girard, experte lingère. Le cône de cette coiffe s’orne de deux ou trois rangs de tulle brodé et tuyauté ; les longs rubans partent du noeud placé à l’arrière de la partie relevé.

La Mothaise : Il s’agit d’une coiffe portée à La Mothe-Saint-Héray et dans ses environs. Cette coiffure est montée sur un bonnet de carton en forme de casque conique tronqué et redressé au sommet. Elle est en tulle brodé et ornée de dentelles et d’un noeud à l’arrière d’où partent des rubans flottants.

Les barbes : Elles ont varié au gré de la mode. Ces pans bordent le devant de la coiffe et descendent de chaque côté du visage l’encadrant. Gênantes, elles furent repliées par-dessus la coiffe. Parfois saillante, sur les angles postérieurs, ces barbes justifièrent les appellations de coiffes à oreillons, à cornes, à cornette.

La cayenne : est un bonnet matelassé et un élément de base pour de nombreuses coiffes.

 

Aurore Sand, petite-fille de George Sand, écrivait caillenne, parce que les femmes enduisaient le tissu de caillé pour l’empeser avant que ne soit répandu l’usage de l’amidon.

Le caillé, galette qui servait de présure était obtenu à partir de la caillette de chevreau ou d’agneau ; de là auraient pu découler les termes de caillon et de caillenne, retrouvés orthographiés : cayon et cayenne.

 

Lieux de conservation

 

Où peut-on trouver des pantines ?

 

Deux-Sèvres : Niort, Musée du Donjon 

Vienne : Châtellerault, Hôtel Sully ; Chauvigny, Musée municipal ; Poitiers, Musée Sainte-Croix

 Autres lieux de conservation de coiffes

Charente : Angoulême, Musée des Beaux-Arts ; Cognac, Musée municipal

Charente-Maritime : St-Jean d’Angély, Musée municipal ; Saintes, Musée Dupuy-Mestreau

Deux-Sèvres : Parthenay, Musée Georges-Turpin

 

Atelier de Châtellerault

 

S’appuyant sur sa collection de coiffes et de costumes, le Musée de l’Hôtel Sully a ouvert en 1996, dans ses locaux, un atelier de formation aux métiers d’art du Textile, qui offre aux personnes demandeuses diverses possibilités :

- remise en état de coiffes et de costumes anciens " lavage, repassage, restauration des éléments détériorés... "

- reconstitution de coiffes et de costumes d’après des modèles originaux ou des représentations iconographiques

- apprentissage de la broderie :

- sur tulle (d’après les réalisations du 19ème siècle sur les coiffes et les châles)

- sur mousseline (points de plumetis, jours à fils tirés ou lancés...)

- sur toile : Renaissance, Richelieu, Colbert...

Renseignements : Musée Hôtel Sully ; 14, rue Sully 

tél : 05.49.21.01.27

Formules : Cours les lundis, mercredis et samedis.

Les inscriptions se déroulent toute l’année.

- Cours hebdomadaires pendant 1 an.

- Stage d’une demi-journée.

- Stage intensif de 20h.

Bibliographie

Beauchet-Filleau, Essai sur le patois poitevin, 1864.

Bily-Brossard (J.), Coiffes et costumes féminins du Poitou, F. Soulisse-Martin, Niort, 1952.

Boissonade (P.), Histoire du Poitou, 9ème édition, Paris, 1941.

Escudier (Ch.) et Gélin (H.), Costumes poitevins, Niort, 1896, réédition 1978.

Gélin (H.), Les coiffes poitevines, Le pays Poitevin, revue mensuelle illustrée, numéros de Juillet, Août, Novembre 1898 ; Février 1900.

Gélin (H.), Carte de répartition des coiffes, entre Loire et Garonne, Niort, 1923.

Gélin (H.), Evolution du costume en Poitou, Revue des Traditions Populaires, 1900.

Gendron (Ch.) et Verney (J.), Catalogue de l’Exposition des costumes, coiffes et parures traditionnels en Poitou-Charentes, Année du Patrimoine, Niort, 1980.

Piot (M.) et Lavault (K.), Coiffes et Bonnets en Charentes, Poitou, Vendée, Librairie Ancienne Brissaud, Poitiers, 1989.

Sandoz (M.), Catalogue de l’Exposition du vêtement traditionnel du Poitou et des Charentes, Poitiers, 1948.

 

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