La peinture flamande et hollandaise dans les musées de Poitiers.

Paysage à Haarlem

La peinture de paysage connut un développement exceptionnel tout au long du XVIIe siècle dans les différents centres picturaux hollandais, avec de forts particularismes locaux.
C'est notamment à Haarlem que s'opéra une mutation majeure, autour de maîtres fameux – Jan van Goyen, Salomon van Ruysdael et son neveu Jacob van Ruisdael… S'inspirant de la nature copiée aux alentours de leur cité, ils inventèrent un type de paysage naturaliste typiquement hollandais.

Vue de la plage de
Scheveningen

Jan Van Goyen, 1649
Esquisse à la pierre noire et au lavis d'encre gris. L'œuvre de l'artiste recéle de nombreux paysages, notamment des marines.

Entre les années 1620 et 1640, le choix d'une palette réduite aux tonalités de brun et de vert, tout juste relevée de taches de bleu et de rouge, donna naissance au type du « paysage tonal » dont le panneau intitulé Le départ du pêcheur est un bel exemple. L'eau d'un canal et sa végétation, l'arête lumineuse de la dune, la chaumière modeste sous les arbres majestueux qui se dressent contre le ciel, devant l'horizon très bas, sont autant de motifs récurrents dans le paysage haarlémois. Le réalisme apparent de ces compositions, qui ne sont cependant jamais strictement topographiques, avait une portée symbolique certaine pour les spectateurs hollandais : à travers une vision magnifiée de la nature, ces paysages offraient une méditation sur la Création et sur la place de l'Homme dans le monde.

Tout aussi typique de la production de l'école de Haarlem, le Paysage hivernal en est un motif récurrent. Le ciel immense, chargé de nuages plombés de gris, les canaux gelés, les hommes s'affairant introduisent une atmosphère glacée qui écrase les entreprises humaines.