Les poinçons sous l'ancien régime

Un poiçon de jurande (Paris, Fouache, 1774, A couronné) Poinçon de charge de Paris, oct. 1756 à oct. 1762, A fleuronné couronné Un poinçon de charge (Paris, oct. 1756 à oct. 1762 ; A fleuronné couronné) Poinçon de jurande de Paris, Fouache, 1774, A couronné

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Le contrôle des pièces d'orfèvrerie remonte au Moyen Âge. En 1275, Philippe le Hardi demande à chaque ville de faire apposer un poinçon sur les pièces d'orfèvrerie qui y sont produites. Mais c'est depuis 1672 que les réalisations des orfèvres font l'objet d'une réglementation nationale. À partir de cette date, les pièces d'orfèvrerie doivent faire l'objet de l'apposition des poinçons de maîtres orfèvres, de jurande, de charge et de décharge.

Le poinçon de maître

Le poinçon de maître est apposé par l'orfèvre au début de la réalisation de l'ouvrage : insculpé sur l'ébauche de la pièce, retravaillée par la suite, c'est en général le plus altéré.

Le poinçon de charge

Le poinçon de charge, institué en 1672, est insculpé durant la fabrication par le fermier général, représentant de l'État, et engage l'orfèvre à s'acquitter des taxes sur les métaux précieux au terme de la réalisation de l'ouvrage. Il s'agit d'une lettre surmontée d'une couronne ouverte.

Le poinçon de jurande

Le poinçon de jurande ou lettre date, institué en 1375, garantit la qualité du métal utilisé pour la réalisation. Il s'agit en général d'une lettre changée chaque année, et dont le graphisme change à chaque fin de cycle, tous les 23 ans ; il permet ainsi de dater l'objet. Le système de lettre date sera changé pour être remplacé par un simple millésime.

Poinçon de décharge de Paris (tête de bœuf) et de La Rochelle (écurueil), 1775 à 1781 Poinçon de décharge de Paris (tête de bœuf) et de La Rochelle (écurueil), 1775 à 1781 Poinçon de décharge de Paris (tête de bœuf) et de La Rochelle (écureuil), 1775-81

Le poinçon de décharge

Le poinçon de décharge, insculpé au terme de la réalisation de l'ouvrage, atteste le paiement des droits sur les métaux précieux de chaque juridiction. Il permet également d'identifier la provenance de la pièce d'orfèvrerie ; il s'agit en général d'un petit animal ou d'un symbole, parfois il peut s'agir d'une lettre surmontée d'une couronne fermée. Il existe d'autres poinçons comme le poinçon de recense qui étaient parfois insculpés dans certaines conditions.

Le poinçon de recense

Le poinçon dit de recense pouvait parfois être insculpé afin de parer au vol ou à la contrefaçon de poinçon.

Les autres poinçons

Le poinçon de reconnaissance, introduit en 1750, permet de signaler des rajouts de pièces sur un objet ancien. Enfin, on peut également rencontrer un poinçon qui mentionne les initiales ou le nom de l’orfèvre, surmontant la mention “plaqué” ou “doublé”, signifiant que l’ouvrage est réalisé en métal vulgaire (cuivre, bronze, etc.) recouvert d’un métal précieux.

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