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La poterie : terre cuite vernissée

1. Définition

La poterie est la technique céramique la plus ancienne. Elle remonte à l'aube des civilisations. Elle est née du souci essentiel de fabriquer des récipients capables de contenir et conserver des liquides, des boissons, des aliments. De ce souci est né son nom de poterie qui vient du latin « potere » : boire.

Les premières céramiques, cuites au soleil, sont des terres cuites. Étant poreuses, les artisans les couvrirent d'enduits vitreux, appelés glaçure, pour les rendre imperméables. On obtient alors des poteries.

Il en existe de différentes sortes.

 

2. Période gréco-romaine

Les grecs recouvraient leur céramique d'un lustre qui est une glaçure silico-alcaline appliquée après cuisson. Les lustres noirs sur fond rouge font la célébrité des céramiques grecques.

C'est un engobe brillant qui rend la céramique sigillée imperméable. Cette technique de céramique à pâte fine rouge orangée à engobe brillant et décor en léger relief développé à Arezzo s'est répandue dans tout l'empire romain au début de notre ère et particulièrement en Gaule où des ateliers ont eu une production abondante.

 

3. Époque médiévale

La glaçure des artisans médiévaux est un vernis plombifère, transparent, coloré. À cause du plomb, les coloris de la glaçure et du décor peint sous la glaçure sont peu nombreux : jaune, rouge, brun ou vert.

Les poteries les plus recherchées ont été décorées avant cuisson. Certaines sont « incrustées » de terres de différentes couleurs. D'autres sont « engobées ». La terre est alors recouverte partiellement ou totalement d'une terre d'une autre couleur sur laquelle on fait des incisions qui laissent apparaître la terre sous-jacente. On obtient ainsi un décor bicolore.

Des décors peuvent être appliqués en relief. La glaçure qui est posée ensuite peut être jaspée, polychrome. Elle contribue ainsi à l'aspect très décoratif de ces pièces. Enfin le décor peut être coloré.

 

4. Les rustiques figulines de Bernard Palissy et la poterie de Saint-Porchaire

La poterie de Saint-Porchaire décrite dans les inventaires du connétable de Montmorency au 16e siècle est une terre cuite à pâte blanche, du kaolin pur comme pour la porcelaine, de texture fine. Elle est décorée par incrustations de terre colorée, estampage d'ornements décoratifs, ajouts de motifs en relief et recouverte d'un vernis. Elle est très proche de la faïence fine et certains historiens la classent dans cette catégorie.

Les réalisations de Bernard Palissy qui travailla à Saintes et aux Tuileries au 16e siècle sont contemporaines de celles de l'atelier de Saint-Porchaire. Ce sont des tentatives « imparfaites » de faïence. En effet, ses poteries sont couvertes d'une glaçure plombifère contenant également des sels d'étain mais en plus faible proportion que dans la faïence.

Ses émaux jaspés et ses rustiques figulines (grands plats au décor animal de poissons, reptiles, crustacés et végétaux en relief, moulés sur nature) ont fait sa réputation.

Les réalisations de Bernard Palissy et celles de l'atelier de Saint-Porchaire sont des pièces d'apparat destinées aux grands du royaume. Leurs techniques sont proches. Comme elles sont contemporaines et fabriquées en partie en Poitou, on a été tenté parfois d'attribuer la production de Saint-Porchaire à Bernard Palissy. Les fouilles récentes du four de Palissy aux Tuileries n'ont pas apporté de preuves certaines.

Les productions de Palissy et de Saint-Porchaire ne connurent en leur temps qu'un succès de courte durée. Mais au 19e siècle les historiens ont été fascinés par leurs techniques, les artisans les ont étudiées et de nombreux artistes s'en sont inspiré: Renoleau à Angoulême, Avisseau à Tours, Barbizet et Pull à Paris, Jouneau, Knoëpflin et Amirault à Parthenay.

 

5. Conclusion

Dès le début du 17e siècle, la faïence supplante en France la poterie vernissée, même si certains centres régionaux continuent à la pratiquer : La-Chapelle-des-Pots en Saintonge, Savignies dans le Beauvaisis, Le-Pré-d'Auge en Normandie et Avon près de Fontainebleau.