Alienor.org, conseil des musées. Un regard, une œuvre / Pyrame et Thisbé : Le contexte historique


Pyrame et Thisbé

Le contexte historique (page 1 de 3)

 

Le XVIème a été marqué par les guerres de religion qui ont bouleversé toute l'Europe occidentale, remettant en cause les pratiques religieuses et les valeurs héritées de l'époque médiévale. L'Église catholique, à la fois pour lutter contre le développement du protestantisme et pour réformer son institution défaillante, a initié la Contre-Réforme à partir des consignes du concile de Trente.

Ce mouvement, effectif au début du XVIIème siècle, s'applique différemment selon les pays et les mentalités. En Espagne, royaume gouverné par une main de fer, la Réforme s'appuie sur la « Compagnie de Jésus » fondée par Ignace de Loyola dont les « exercices spirituels » ont été largement diffusés, de même que les écrits de sainte Thérèse d'Avila. Tous deux canonisés en 1622, ils ont développé un mysticisme exigeant qui imprègne fortement la société espagnole, encore marquée par l'Inquisition.

 

Aux Pays-Bas, le nord s'est libéré du joug de l'Espagne pour pouvoir devenir protestant, mais la guerre ne s'arrêtera vraiment qu'en 1648. Les Pays-Bas du sud, autrement dit : la Flandre, restent encore entièrement sous domination espagnole et la censure y est sévère.

Le mysticisme espagnol se répand en Occident de manière plus ou moins atténuée, notamment en France. Il a favorisé le développement de l'art baroque, né en Italie et qui va se diffuser dans tout l'Occident au cours du XVIIème siècle, avec des différences selon les pays. C'est un « art d'imagination, d'invention, de somptuosités et de contraste, il est différent de la recherche d'équilibre et d'harmonie qui forme l'idéal classique1 ».

« Louis XIII recevant les clés de La Rochelle », huile sur bois (détail) « Louis XIII recevant les clés de La Rochelle », huile sur bois (détail) "Louis XIII recevant les clés de La Rochelle", huile sur bois attribué à Adam Frans Van der Meulen
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« Crucifixion avec Marie Madeleine », détail du visage de Marie-Madeleine « Crucifixion avec Marie Madeleine », détail du visage de Marie-Madeleine Crucifixion avec Marie-Madeleine (titre factice), Hendrick Bloemart, huile sur toile, musées de Poitiers.
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Il se situe à un moment de transition où les idéologies traditionnelles sont bouleversées, il est à même de refléter les excès, les souffrances et l'inquiétude.

La réforme catholique n'a pas donné de consigne précise aux artistes, mais l'Église, qui veut détourner les fidèles de l'austérité protestante et des traditions païennes encore très vivaces, cherche à frapper les imaginations pour exalter la foi populaire et enflammer les élites. Elle revendique pour cela la représentation de Dieu et des saints, encourage l'émotionnel, le sensible et toutes les images ou créations qui magnifient Dieu, alimentent la foi, portent vers le mysticisme. L'art baroque s'adapte à ces recommandations de l'Église, principal commanditaire des artistes et au mysticisme des Jésuites.


1. Victor-Lucien Tapié, Baroque, Encyclopédie Universalis, 2004, Tome 1, p.661