Alienor.org, conseil des musées. Un regard, une œuvre / Pyrame et Thisbé : L'expression dramatique


Pyrame et Thisbé

L'expression dramatique (page 1 de 2)

 

Notre peintre anonyme représente la scène finale de la légende :

 
Détail de « Pyrame et Thisbé », la ville dans le lointain ... l'aube éclaire le théâtre des évènements et laisse apercevoir dans le lointain la ville... (Détail de "Pyrame et Thisbé")
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Détail de « Pyrame et Thisbé », Pyrame gisant Pyrame s'étant enfoncé son épée dans le cœur [...] un flot de sang s'échappe encore de sa blessure.(Détail de "Pyrame et Thisbé")
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Détail de « Pyrame et Thisbé », la détressse de Thisbé La jeune fille désespérée... (Détail de "Pyrame et Thisbé")
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Détail de « Pyrame et Thisbé », Thisbé se donnant la mort en se transperçant la poitrine avec l'épée de Pyrame ... s'emparant de l'épée, elle la dresse contre son cœur... (Détail de "Pyrame et Thisbé")
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Détail de « Pyrame et Thisbé », statue figurant Éros Statue figurant Éros (Détail de "Pyrame et Thisbé")
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Pyrame s’étant enfoncé son épée dans le cœur est découvert par Thisbé allongé sur le sol, un flot de sang s’échappe encore de sa blessure. La jeune fille désespérée, s’apprête à imiter son amant ; s’emparant de l’épée, elle la dresse contre son cœur et se laisse tomber sur la pointe acérée. Le peintre a placé la scène au petit matin, le jour se lève à peine. Nous sommes dans une clairière, et par une percée dans la masse sombre des arbres, l’aube éclaire le théâtre des évènements et laisse apercevoir dans le lointain la ville d’où viennent les deux jeunes gens, Babylone, selon la légende.

Toute la tonalité chromatique du tableau est agencée pour focaliser le regard sur le drame qui se joue. Des camaïeux de bleus et de verts, couleurs couramment utilisées  dans la peinture de paysages flamands à la fin du XVIème et au début du XVIIème, sont employés pour donner de la profondeur à la composition, d’une part et accentuer la valeur très symbolique du ton rouge qui est au cœur de la narration, d’autre part.

 
« Pyrame et Thisbé », mise en évidence des tonalités bleues/vertes Pyrame et Thisbé, mise en évidence des tonalités bleues/vertes
« Pyrame et Thisbé », anonyme, huile sur bois, musées de Saintes Pyrame et Thisbé, anonyme, huile sur bois, musées de Saintes
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« Pyrame et Thisbé », mise en évidence des tonalités rouges Pyrame et Thisbé, mise en évidence des tonalités rouges
 

L'objectif du peintre est de raconter une tragédie en action sur fond de paysage. La composition et le dégradé de tons mettent l'accent sur la scène centrale et en font ressortir les éléments les plus poignants. Les frondaisons qui apparaissent de loin comme une masse presque uniformément brune et opaque, sont en fait composées de diverses nuances ton sur ton et savamment travaillées dans la touche. Sur la droite du tableau, tapi dans l'ombre sur une branche de l'arbre, un petit dieu Amour veille sur les deux adolescents. Il symbolise la passion qui les emporte jusque dans la mort. Les teintes sombres renvoient à la scène centrale et focalisent le regard vers le manteau écarlate étalé de Pyrame ainsi que son chapeau. Le panache du chapeau et la fraise de couleur blanche mettent en valeur ce rouge et surtout attirent l'attention sur le sang qui s'écoule de la plaie de Pyrame et sur le voile taché de Thisbé, objet de la terrible méprise. L'image de Thisbé est dramatisée par un jeu de contrastes colorés : sa masse de cheveux d'un roux flamboyant et sa cape rouge s'opposent à la teinte froide de sa robe bleue. On notera, l'harmonie entre les fleurs piquées dans sa chevelure et les petites taches ocre plus claires dans les frondaisons. Son visage et sa gorge d'un blanc laiteux renvoient au voile blanc ensanglanté.