Alienor.org, conseil des musées. Un regard, une œuvre / Pyrame et Thisbé : Le sens du thème de Pyrame et Thisbé (suite)


Pyrame et Thisbé

Le sens du thème de Pyrame et Thisbé (suite) (page 2 de 3)

 

L’amour de deux jeunes gens ainsi donné en exemple est pur, absolu, platonique. Ils ne se sont jamais touchés, ont entretenu leur flamme par des échanges de paroles chuchotées de part et d’autre d’un mur, mais avec une souffrance de plus en plus grande, jusqu’au paroxysme de la passion qui au lieu de se résoudre dans l’étreinte corporelle, s’est réalisé dans la mort.

Dans le Banquet de Platon qui a pour sujet un hommage à Éros, le philosophe grec définit plusieurs gradations dans la notion de l’amour personnifié par le dieu Éros, allant de l’amour purement charnel à l’amour « céleste ». Écrivant une forme de dialogue entre plusieurs philosophes et savants de l’époque, Platon fait dire à une certaine Diotime : « C’est en prenant son point de départ dans les beautés d’ici-bas, de s’élever toujours comme au moyen d’échelons…(pour aller)…vers cette connaissance qui constitue le terme, celle qui n’est autre que la science du beau lui-même, dans le but de connaître finalement la beauté en soi »1. Cette conception platonicienne qui hiérarchise l’amour en partant du désir charnel qui se transcende jusqu’à à la contemplation du beau en soi, se retrouve dans le mysticisme. Le christianisme reconnaît les passions humaines et la manière de lutter contre ce qu’elles ont de dangereux pour la morale chrétienne, c’est de les sublimer dans un amour qui s’approche du divin.


1. Platon, Le banquet, traduction Luc Brisson, Flammarion, 2007