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Les Réserves

En quoi consiste une réserve :

La réserve est un lieu de vie pour les collections d'un musée : son rôle est multiple et s'adapte aux besoins de chaque établissement.
Sa fonction première est d'assurer aux collections un stockage et un rangement dans les meilleures conditions possibles, respectant les critères de bonne conservation des œuvres.

Il ne s'agit nullement de confondre la réserve avec les fonctions fourre-tout d'une cave ou d'un grenier, même si les réserves ne sont en général pas montrées au public et donc sont peu susceptibles de susciter l'intérêt. On ne mélange pas tout ce qui ne sert plus (éléments d'anciennes expositions, matériel déclassé car hors d'état de fonctionner…), et ce qui sert de matériel de montage d'exposition avec les œuvres proprement dites : à chaque lieu sa fonction et son identité propre.

Il s'agit de ranger un grand nombre d'objets dans un volume restreint ; ceci amène à se poser des questions :

L'analyse de ces questions se fait la plupart du temps en liaison avec le projet culturel et scientifique de l'établissement : quel rôle accorder aux réserves en fonction des orientations que l'on souhaite donner au projet de développement du musée.

Elle se fait aussi avec les conseils d'un cabinet de programmation qui peut être missionné pour étudier les conditions optimales d'implantation d'un ou de plusieurs lieux de réserves, les fonctions qui y sont associées, les contraintes en matière de bâtiments et de conditions de conservation des œuvres, les évaluations de capacités de stockage et les systèmes de rangement selon les différentes catégories de collections.

Un véritable dialogue s'instaure alors entre le conservateur assisté de son équipe et le programmateur qui traduit les besoins exprimés par les professionnels en termes de fonctions logistiques, de capacités d'accueil et de traitement des collections, d'accessibilité, de sécurité…

 

L'aménagement du local :

Les règles de base :

Aucune canalisation (eau, gaz, électricité) ne doit passer dans la réserve.

Le revêtement mural se fait avec une peinture acrylique et le sol est revêtu d'une peinture anti-poussière.

Tout matériau lié au bâtiment et qui pourrait dégager des matières abrasives et alcalines (type béton) doit être traité en préalable avec une solution de phosphate trisodique.

La sécurité :

Sécurité vol :

À part la porte d'accès à la réserve et les issues de secours, toute autre ouverture doit être condamnée. Un sas d'entrée est souhaitable (sécurité et barrière climatique).

La réserve doit être en alarme permanente sauf pendant les périodes de travail. Les systèmes de détection (périmétriques, volumétriques) peuvent s'accompagner d'une surveillance vidéo et doivent être en liaison avec un poste de surveillance opérationnel 24h/24h.

Les clés d'accès, dont le nombre est limité ainsi que les utilisateurs, peuvent être mécaniques ou magnétiques avec enregistrement.

Tout passage et tout mouvement d'œuvre est obligatoirement inscrit dans un cahier journalier ou enregistré dans le système informatique de gestion des collections.

Sécurité incendie :

Les équipements habituels sont les suivants :

En outre, il faut faire respecter la consigne d'interdiction absolue de fumer.

 

Les problématiques de rangement :

La phase préparatoire d'analyse est importante : elle permet de réaliser un plan fonctionnel d'aménagement de l'espace en fonction des types, du nombre des objets à ranger, ainsi que de leur poids et de leur encombrement.

Quelles sont les préconisations pour installer les objets :

Les matériaux spécifiques pour le rangement de types de collections :

Les rangements spécifiques :

On n'oubliera pas les outils pour procéder aux opérations de rangement, manutention… : cela peut aller du chariot élévateur pour les objets très lourds, aux chariots à ridelle, tables roulantes à rebord anti-chute, établi roulant et chevalet.

 

Les problématiques de conservation :

Le climat :

En tout premier lieu on notera l'importance de la stabilité du climat dans la structure interne du bâtiment ceci pour éviter de fragiliser les œuvres avec de brusques changements de température.

Entrent alors en ligne de compte différents paramètres liés à la structure du bâtiment et aux aménagements intérieurs : selon la nature des matériaux de construction, l'exposition des murs externes à la pluie ou au soleil, la nature de la toiture et la position des ouvertures, la gestion du climat à l'intérieur d'un bâtiment peut varier énormément.

Il convient donc, avant tout aménagement, de prendre le temps de mesurer les variations de température et d'humidité dans le bâtiment ou salle de réserve afin de trouver les solutions adéquates pour garantir la stabilité de climat.

Le traitement de l'air doit être particulièrement contrôlé : installer une climatisation n'est pas toujours la meilleure solution car le renouvellement d'air de ce système étant très important il favorise l'apport de micro-organismes et de pollution atmosphérique. Dans ce cas la filtration de l'air et le renouvellement fréquent des filtres doit être assurée.

Le conditionnement de l'air est préférable car permettant de mieux réguler l'humidité relative. Les prises d'air ne doivent pas souffler ou aspirer l'air à proximité des œuvres car elles véhiculent alors des phénomènes de pollution.

La moyenne à obtenir pour la bonne conservation globale des œuvres est à 18° C de température (avec des évolutions lentes de variations possibles entre 15 à 25° C ) et de 50% d'humidité relative (avec une fourchette de + ou – 5%).

Par contre certains types d'objets requièrent des taux différents selon leur sensibilité extrême : le bois souffrira de trop grandes variations d'humidité, le métal a besoin de seulement 40% d'humidité relative. Dans ce cas les particularités peuvent être gérées par la constitution de micro-climat à l'aide de matériaux comme le gel de silice installés dans vitrines ou armoires. On n'oubliera pas en ce cas de régénérer les matériaux (dessication au four à micro-onde).

L'éclairage :

Les œuvres sont sensibles aux effets de la lumière (rayonnement ultra-violet et infra-rouge principalement). Certains objets ne supportent pas de très fortes puissances d'éclairage, qu'il soit naturel ou artificiel.

Voici les taux de sensibilités selon les types de collections :

Dans les zones où sont stockées les collections : pas plus de 100 lux en moyenne.

Pour le reste : un éclairage par tubes à fluorescence ou à vapeurs de sodium est recommandé car produisant moins d'ultra-violet ou d'infra-rouge.

Les matériaux de conditionnement :

Ces matériaux sont choisis pour protéger les œuvres et varient selon les types d'objet, mais doivent aussi être pensés en fonction de leur usage par rapport à l'environnement (attention aux emballages hermétiques s'il y a des variations de température) et à la fréquence des manipulations (solidité des matériaux et fonction tampon par rapport aux manipulations).