Rouillé, un cimetière mérovingien oublié

La tombe du guerrier

Un des sarcophages se détache des autres par la richesse de son mobilier funéraire et l’aspect insolite qu’il présentait au moment de sa découverte. Cette tombe, excavée le 10 septembre 1863 était entourée de moellons de pierre formant un mur autour du coffre. Le couvercle ainsi que le coffre étaient fendus dans la largeur, les éléments du coffre étant séparés de plusieurs centimètres par ce qui paraissait être un acte volontaire de « sciage ».

L’ouverture du sarcophage qui révéla la tombe inviolée d’un homme de grande taille permit d’expliquer cette singularité. En effet le coffre de pierre ne mesurait intérieurement qu’un mètre et 78 centimètres alors que d’après les constatations du docteur Giraud, présent sur les lieux à l’ouverture, l’individu qu’il contenait mesurait plus d’un mètre 90 centimètres. Le coffre aurait donc été scié pour que le corps puisse y être déposé allongé.

Le docteur Giraud a par ailleurs émis l’hypothèse d’une mort violente survenue en pleine force de l’âge. L’individu aurait reçu un coup violent à la tête ayant provoqué des fractures crâniennes visibles lors de l’excavation et ayant entraîné la mort. Le mobilier funéraire qui entourait cet homme mérite également une attention particulière. De nombreux objets étaient rassemblés autour de lui dont un glaive, un coutelas, et plusieurs boucles de ceinturon. Étrangement, une fibule gallo-romaine du Ier siècle fut trouvée sur sa poitrine. D'après Henri Beauchet-Filleau Celle-ci pourrait être un objet transmis de génération en génération jusqu'à cette sépulture, toutefois cette hypothèse paraît hautement improbable et il faut certainement lui privilégier celle d'une découverte fortuite du vivant du guerrier ou au moment de son inhumation. Mis à part cette fibule, l'ensemble remonte au VIIe siècle.