L'Aurore et Tithon

Aurore et Tithon : un thème mythologique galant

La figure d’Aurore apparaît sporadiquement dans l’art du XVIIIe siècle. En 1753, Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville composa une pastorale héroïque, Titon et l’Aurore, qui connut un grand succès, au centre de la « Querelle des Bouffons ». L’opéra eut un impact immédiat sur les peintres : Antoine Boizot, académicien, présenta quelques mois plus tard au Salon un tableau intitulé Aurore invoquant l’Amour pour obtenir le rajeunissement de Tithon dont les musées de Poitiers conservent un dessin préparatoire. Dix ans plus tard, une reprise de la pastorale suscita de nouveau une œuvre picturale : Lagrenée exposa alors L’Aurore quittant Titon pour aller ouvrir les portes du soir…

Jean-Baptiste Pierre s’empara très tôt du mythe. Lors de son séjour à Rome, il copia la fameuse Aurore de la collection Sacchetti, œuvre de Pierre de Cortone, comme en témoigne une huile sur papier conservée au Louvre (INV 32396). Il exécuta aussi pour le duc de Saint-Aignan, ambassadeur de France à Rome, un tableau aujourd’hui perdu où figuraient côte à côte  Aurore et Tithon sur des nuages accompagnés de putti. De retour à Paris, Pierre devait de nouveau s’intéresser au sujet, comme le prouve un dessin du Louvre, daté vers 1745, montrant la déesse seule tenant un flambeau (INV 32397). Les courbes du corps et son élancement vers la gauche annoncent nettement la composition de 1747. 

L'Aurore et Tithon, par Jean-Baptiste-Marie Pierre, Détail de deux putti précédent suivant