L'Aurore et Tithon

Le "grand genre" à l'épreuve de la légèreté

En 1873, le musée de la Ville de Poitiers recevait en dépôt des collections nationales une grande huile sur toile peinte par Jean-Baptiste Pierre en 1747 : Aurore et Tithon. Exposée au musée de l’hôtel de ville puis au musée Rupert de Chièvres, elle symbolisait la tradition académique du « grand genre ».

Cette grande huile sur toile est une œuvre raffinée d’un artiste aux élans empreints d’ardeur et de retenue à la fois. Elle s’inscrit dans le répertoire d’une peinture d’histoire séductrice et relève du goût galant très apprécié à l’époque.
Au petit matin, la déesse Aurore, encore nue, s’élance pour accomplir sa mission quotidienne : elle doit ouvrir les portes du jour, en dispersant des roses. Elle quitte la couche conjugale où son époux Tithon tente de la retenir encore. Deux putti l’accompagnent et la drapent, tandis qu’un troisième renverse l’urne des songes.
Homère, dans l’Illiade décrit cette scène intimiste : « Maintenant, de la couche où elle repose aux côtés du puissant Tithon, la déesse Aurore aux doigts de rose se lève afin d’apporter la lumière aux dieux et aux mortels ».
La composition magnifie l’éphémère, scande jeunesse et beauté. Des coloris subtils aux nuances roses et orangées chatoient sur les voiles qui drapent Aurore en même temps que le soleil caresse l’horizon à l’aube d’une belle journée.

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