L'Aurore et Tithon

Jean-Baptiste-Marie Pierre, un académicien exemplaire

« C’est surtout dans les grandes compositions que brille son pinceau ; il est moins fait pour des tableaux plus renfermés et où il faut étaler des grâces et un travail plus précieux et plus délicat. Le goût de M. Pierre tient à une manière plus austère et qui rapproche davantage de celle de Jouvenet. La comparaison ne lui est pas déshonnorante (sic) ; aussi mérite-t-il d’être mis au rang des peintres qui font le plus d’honneur à notre école… »
Pierre-Jean Mariette, Abecedario, IV, pp. 154-155.

Le destin du peintre est celui d’un artiste éminent du XVIIIe siècle. Jean-Baptiste-Marie Pierre est né le 6 mars 1714, « de Jean-Pierre, marchand orfèvre joaillier et de Marie-Marguerite Gandheult son épouse sur le quai de la Mégisserie ». On ne sait pas précisément qui lui enseigne les bases de son art, mais l’issue de sa formation est glorieuse : en 1734, il remporte le grand prix de peinture de l’Académie, grâce à un tableau aujourd’hui perdu, Dalila coupant les cheveux de Samson. Son séjour à Rome, pendant les cinq années suivantes, nourrit son art de la connaissance des maîtres, Raphaël, Carrache et les Vénitiens, mais aussi des peintres nordiques dont les œuvres étaient conservées dans les collections romaines.
Artiste polyvalent, ses scènes de la vie populaire, inspirées des « bambochades », connaissent un réel succès à son retour à Paris, tandis qu’il s’engage parallèlement dans la carrière de peintre d’histoire : il est reçu en tant que tel à l’Académie en mars 1742.

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