L'Aurore et Tithon

Jean-Baptiste-Marie Pierre, un académicien exemplaire

Diderot, Salon de 1761 :
«  Monsieur Pierre, chevalier de l’ordre du Roi, premier peintre de monseigneur le duc d’Orléans et professeur de l’Académie de peinture, vous ne savez plus ce que vous faites et vous avez bien plus tort qu’un autre. Vous êtes riche ; vous pouvez, sans vous gêner, vous procurer de beaux modèles et faire tant d’études qu’il vous plaira. Vous n’attendez pas l’argent d’un tableau pour payer votre loyer. Vous avez tout le temps de choisir votre sujet, de vous en pénétrer, de l’ordonner, de l’exécuter. Vous avez été mieux élevé que la plupart de vos confrères ; vous connaissez les bons auteurs français, vous entendez les poètes latins, que ne les lisez-vous donc ? Ils ne vous donneront pas le génie, parce qu’on l’apporte en naissant ; mais ils vous remueront, ils élèveront votre esprit, ils dégourdiront un peu votre imagination ; vous y trouverez des idées et vous vous en servirez.
Pierre, à son retour d’Italie, exposa quelques morceaux bien dessinés, bien coloriés, hardis même et de bonne manière : il y a vingt ans de cela. Alors il faisait cas du Guide, du Corrège, de Raphaël, du Véronèse et des Carraches... »

En 1747, La Font de Saint-Yenne publie ses Réflexions sur quelques causes de l’état présent de la peinture en France avec un examen des principaux ouvrages exposés au Louvre le mois d’août 1746 où il dresse un portrait sévère des académiciens. Pourtant, il accorde son estime à Jean-Baptiste Pierre : il le donne comme exemple du peintre studieux qui a le rare mérite d’écouter les « conseils & la critique […] d’un spectateur désinteressé & éclairé [l’auteur] qui sans manier le pinceau juge par un goût naturel & sans une attention servile aux règles… » [p. 72].

L'Aurore et Tithon, par Jean-Baptiste-Marie Pierre, Détail du visage et du buste de Tithon précédent suivant