Accès au Sommaire : Urbain Grandier : De la lumière aux ténèbres

La grande histoire des Possédées

La grande histoire des Possédées

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Départ pour le sabbat Départ pour le sabbat Huile sur toile attribuée à David Téniers II, le Jeune (deuxième moitié du XVIIe siècle).
Dans un intérieur sombre, éclairé par des bougies et le feu d'une cheminée, des sorcières préparent le départ de l'une d'elles vers le rassemblement des sorciers. À gauche, une femme assise, un livre ouvert à la main, se retourne vers une autre qui, une lanterne à la main, pénètre dans la pièce, précédée par un homme à califourchon sur un animal fantastique, la tête coiffée d'un bougeoir. À l'arrière-plan à gauche, devant la cheminée, se détache la silhouette d'une femme nue, de dos, un balai entre les jambes, prête à s'envoler dans les flammes. Elle est examinée par une vieille femme à genoux. La composition grouille de poissons, serpents, chauves-souris et animaux fantastiques qui flottent dans l'air ou accompagnent les sorcières. Au premier plan, un crâne, des chandeliers et des bouteilles posés au sol, se distinguent par de fins reflets de lumière sur leurs arêtes. Musées de Poitiers, cliché Christian Vignaud Fiche de cet objet (base de données)
Reproduction de la lettre écrite par une Ursuline possédée par le démon Asmodée lors d'un exorcisme. Lettre écrite par une Ursuline possédée par le démon Asmodée lors d'un exorcisme Transcription de la reproduction : « Je promais en sortant du corps de cette créature de luy faire une fante au-dessous du cœur de la longueur d'une épingle ensemble à la chemise corps de robe, laquelle fante sera sanglante et ce demain vintiiesme de may à six heures après midi, jour de samedi et promez ausi que Grésil et Amand feront aussi leur ouverture en la mesme manière quoyque plus petite et approuve ce que Léviathan on promis de faire avec leur compagnons sur ce registre de l'églisse Sainte-Croix. » «  Asmodée.  » Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun

Les textes ci-dessous sont tirés de l'ouvrage "Sorcières, mythes et réalités" (2011). Ces extraits sont reproduits avec l'aimable autorisation de l'auteur, Patrick Marchand.

À Loudun en 1632, la peste a décimé le quart de la population. Alors que l’épidémie vient à s’estomper en septembre, des fantômes apparaissent aux Ursulines dans le couvent. En octobre, cette vision spectrale prend la silhouette d’Urbain Grandier.

L'orgueil du prêtre et ses mœurs lui valurent beaucoup d’animosité. Pour autant, son aura était telle que la prieure des Ursulines, Jeanne des Anges, lui avait proposé la direction de conscience de son couvent. Il refusa. La supérieure qui nourrissait — dit-on — un vif sentiment à l’endroit du galant, lui en tiendra rigueur et offrit cette charge au chanoine Jean Mignon, ennemi d’Urbain Grandier.

C'est lui qui conduira au début du mois d'octobre les premiers exorcismes qui désigneront Urbain Grandier comme sorcier. Excédé par cette agitation, Urbain Grandier demande à l'archevêque de Bordeaux d'intervenir. L'autorité séculière met alors un terme provisoire à l'accusation.

 
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Gravure de la ville de Loudun et dessin de la tour carrée Gravure de la ville de Loudun Cette gravure présente la ville après la destruction de la forteresse à laquelle s'était opposée Urbain Grandier. Reproduction d'un dessin tiré de la collection Gaignières. L'original est réalisé par Louis Boudan en 1699. Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun La Tour Carrée Dessin de Louis Charbonneau-Lassay sur lequel est représentée la Tour Carrée, l'un des derniers vestiges de la forteresse de Loudun. Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun

L'affaire rebondit avec l'arrivée de Jean Martin de Laubardemont à Loudun en 1633. Ce dernier avait été envoyé par Richelieu pour surveiller la destruction du château qui défiait l'autorité royale. L'opération rencontre la résistance du gouverneur de la cité Jean d'Armagnac et celle de son ami… Urbain Grandier. Laubardemont, mis au fait des menées contre Urbain Grandier en matière de sorcellerie, rentre à Paris et demande à Richelieu une information contre le prêtre.

 
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Supposé pacte d'Urbain Grandier avec les démons Prétendu pacte signé par Urbain Grandier avec les démons On retrouve cette illustration dans le Dictionnaire Infernal de Jacques Collin du Plancy. L'ouvrage est conservé à la bibliothèque de Lisieux et à la médiathèque de Poitiers

De retour à Loudun en décembre 1633, celui-ci fait emprisonner Urbain Grandier au château d'Angers. L'information s'éternise jusqu'en mai 1634 ; la perquisition au domicile du curé ne donne aucun résultat. Le chanoine nie toutes les accusations révélées durant les séances d'exorcismes qui ont été reprises par les Capucins. Les séances ont lieu tous les jours dans les églises de Loudun et la foule s'y presse.

Les scènes suscitent une telle émotion que les larmes viennent aux officiants et aux spectateurs tout en provoquant l'effroi.

Les démons, par la voix des nonnes, et le public, convaincu de la réalité de la possession, réclament la mort du sorcier. Pour le confondre, les juges exhibent des documents à peine lisibles, signés prétendument par Urbain Grandier, des démons et Satan lui-même.

 
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Urbain Grandier subi la torture des brodequins Gravure Urbain Grandier à la question Scène du supplice dit "du brodequin" d'Urbain Grandier. Bien que la torture dura plusieurs heures, Urbain Grandier n'avoua pas. Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun

Les témoignages font état, pour la plupart, de la fascination qu'il exerçait sur ses ouailles du sexe féminin. Urbain Grandier rejette toutes les accusations et dénonce les insuffisances de l'instruction, les irrégularités de la procédure. Rien n'y fait.

Même soumis à la torture dite des « brodequins » qui dura près d'une heure, il n'avoua pas.

 
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Urbain Grandier sur le bûcher et ses cendres Gravure présentant le bûcher d'Urbain Grandier Reproduction d'une gravure de 1634 présentant le bûcher d'Urbain Grandier, plutôt fidèle à la description faite par les témoins. Urbain Grandier est nu, assis sur une chaise et le cou attaché sans que cela provoque l'étranglement (contrairement à la pratique habituelle). Le bûcher s'embrase devant la foule. Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun
Cendres du bûcher d'Urbain Grandier Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun

Il est condamné le 18 août 1634 et exécuté le même jour devant 6 000 personnes.

Pour autant les exorcismes ne cessent pas. Les proches d'Urbain Grandier sont inquiétés et les nonnes multiplient les dénonciations contre ceux qui ont pris parti pour Grandier. Les autorités religieuses intiment l'ordre aux Capucins de mettre fin aux exorcismes publics et confient au jésuite Jean Joseph Surin le soin de ramener sa pénitente, Jeanne des Anges, à une vie religieuse ordinaire.

 
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