Accès au Sommaire : Urbain Grandier : De la lumière aux ténèbres

Urbain Grandier, prêtre érudit et libertin

Urbain Grandier, prêtre érudit et libertin

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Urbain Grandier naît autour de 1590 à Bouère en Anjou. Il est le fils d'un notaire royal de Sablé-sur-Sarthe, et sa vivacité d'esprit est rapidement reconnue. Son oncle, chanoine de Saintes, lui fait intégrer ce qui est à ses yeux la meilleure école du diocèse : le collège des Jésuites de Bordeaux. Il y rentre à quartorze ans pour en ressortir onze années plus tard. Il est alors ordonné novice chez les Jésuites en 1615.

Ces derniers bénéficient de la paroisse de l'église Saint-Pierre-du-Marché à Loudun. Ils y font nommer Urbain Grandier qui n'a alors que vingt sept ans et qui rejoint là sa première cure.

Portrait du prêtre Urbain Grandier et façade de l'église Saint-Pierre-du-Marché sur une plaque de gravure (mise en positif) Portrait du prêtre Urbain Grandier Gravure Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun Façade de l'église Saint-Pierre-du-Marché Héliogravure du portail de l'église Saint-Pierre-du-Marché, paroisse d'Urbain Grandier d'après la photographie de Jules Robuchon. Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun
 
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Façade de la collégiale Sainte-Croix sur une plaque de gravure (mise en positif) Façade de la collégiale Sainte-Croix Plaque de gravure en bois et métal gravé, et sa mise en positif de la façade de la collégiale Sainte-Croix, lieu où se sont déroulés les exorcismes publics des Ursulines. Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun

Très vite, ses sermons marqués par sa liberté de ton attirent les foules à l’église Saint-Pierre-du-Marché. Son éloquence et son comportement suscitent à la fois admiration et agacements : il s’attire les foudres des carmes en tournant en dérision leurs « miracles ».

Il est en même temps nommé chanoine de l’église royale et collégiale de Sainte-Croix de Loudun. Le carme Jean Mignon, voyant ce poste lui échapper, devient un ennemi d’Urbain Grandier.

 
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Très lié au poète Scévole de Sainte-Marthe qui l’introduit dans la haute société loudunaise, il lui ferme lui-même les yeux à son décès en 1623. À cette occasion, il écrit et prononce une oraison funèbre très remarquée par de nombreux érudits, assurant ainsi sa renommée.

 
Portrait de Scévole de Sainte-Marthe Portrait de Scévole de Sainte-Marthe Administrateur, poète loudunais et fondateur du premier salon littéraire de Loudun. Ses contemporains disent qu'il était très proche d'Urbain Grandier. Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun
 
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L’intérêt porté à sa personne ne fait qu’accroître l’orgueil d’Urbain Grandier. Ainsi, en 1618, lors d’une procession dans les rues de Loudun, il vole la préséance à Armand-Jean du Plessis, prieur de Coussay, évêque de Luçon, alors au plus profond de sa disgrâce auprès de Marie de Médicis, mais futur cardinal de Richelieu.

Ce dernier s'en souviendra peut-être, pour le plus grand malheur d'Urbain Grandier...

Après le décès de Scévole de Sainte-Marthe, Urbain Grandier et Louis Trincant, procureur du roi à Loudun, deviennent très proches.

 
Portrait du cardinal de Richelieu Portrait d'Armand-Jean du Plessis, cardinal de Richelieu. Richelieu est chargé par Louis XIII de détruire les places fortes protestantes, dont fait partie Loudun. Détesté du cardinal, il est possible qu'Urbain Grandier ait été un instrument dans une plus large entreprise d'affaiblissement de la ville de Loudun. Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun
 
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Libertin et collectionnant les conquêtes féminines, il séduit Philippe, la fille du procureur à laquelle il enseigne le latin. Celle-ci ne résiste que peu de temps aux avances du prêtre. Mais lorsque la rumeur publique prétend qu’elle est enceinte, Urbain Grandier s’est déjà désintéressée d’elle lui préférant Madeleine de Brou, orpheline de bonne naissance dont il a la charge spirituelle.

Madeleine lui réclame le mariage pour pouvoir vivre ouvertement leur union, Urbain Grandier écrit alors un essai sur le célibat des prêtres. Il entend prouver à Madeleine la sincérité de ses sentiments, tout en démontrant aux autorités cléricales que le mariage d’un prêtre n’est pas impossible. L’essai, fortement inspiré par les théories protestantes sur le mariage, pèsera lourdement au moment de son procès.

C’est désormais le salon de Louis Trincant, héraldiste et historien, qui réunit les lettrés de Loudun et de passage. Le déshonneur jeté sur sa fille et sa famille mène Louis Trincant à concevoir une haine sans demi-mesure contre Urbain Grandier, et il est un de ses premiers accusateurs dans l’affaire qui scellera le sort du prêtre.

3ème de couverture du Célibat des prêtres par Urbain Grandier Essai d'Urbain Grandier sur le célibat des prêtres Fiche de cet objet des collections du musée de Loudun
 
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