hypogée des Dunes

Présentation du musée

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Présentation du musée

L'hypogée des Dunes est un site classé Monument historique

Fermé au public par mesure conservatoire, par arrêté municipal du 5 octobre 1998

Situé sur le plateau des Dunes qui surplombe la rive droite du Clain, l'hypogée a été édifié au cœur d'une importante nécropole de la ville antique de Lemonum, Le dolmen de "La Pierre levée" paraît avoir servi de limite au cimetière qui s'étendait le long de la voie romaine de Bourges. Actes notariés et tradition orale ont gardé le souvenir d'un champ "Chiron martir", et un "chemin des martyrs". C'est en explorant en 1878 la nécropole que le père Camille de La Croix mit au jour cet édifice doté d'exceptionnelles sculptures et inscriptions chrétiennes de l'Antiquité tardive et du haut Moyen Âge.

L'hypogée, à demi-enterré, était voûté en plein cintre et couvert de tuiles. Quelques murs conservent la trace d'un décor peint polychrome. Une fenestella, aménagée dans le mur oriental, éclairait l'édifice maçonné en petit appareil. Le caveau, peut-être païen à l'origine (d'abord simple salle rectangulaire) était accessible par un escalier désaxé. Trois marches sont des pierres mérovingiennes ornées d'élégants serpents, de poissons, d'entrelacs empruntés de toute évidence à un autre édifice. Une autre marche utilisait également en remploi une dalle ornée d'anges. L'escalier conduit à des dormants de porte, eux aussi déplacés comme le révèle le sens inversé du décor. L'abbé Mellebaude, aménageant ce lieu pour sa propre sépulture, y gravera sa profession de foi ; elle commence ainsi :

" † Au nom de Dieu, moi † Ici Mellebaude, débiteur et serviteur de Jésus-Christ, j'ai institué pour moi la crypte que voici, où gît indignement ma sépulture…".

Un autel maçonné est l'unique dispositif liturgique encore en place. Il était décoré d'une croix pattée peinte qui porte, comme de nombreux blocs, la trace d'incrustations de verre. Dans le fond, un arcosolium aménagé tardivement accueille un sarcophage sculpté, qui pourrait être celui que se destinait Mellebaude. Sont encore lisibles, sous l'arcade, quelques lignes d'une inscription peinte lors de la seconde consécration qui succéda à la profanation du lieu : on y évoque l'introduction de nouvelles reliques. Cet espace sacré est isolé par une longue marche posée au sol, constituée elle aussi d'un bloc de remploi, décoré de rosaces et verroteries. Elle n'est de toute évidence pas à sa place originelle. On y mentionne là aussi un dépôt de reliques.

La chapelle placée sous la protection de saints attirera par la suite d'autres sépultures. Quelques tombes étaient fermées par des dalles sculptées, retaillées, figurant les évangélistes et les archanges, comparables à celle réutilisée dans l'escalier. Toutes sont ornées de verroterie provenant de verres romains rencontrés dans la nécropole, et d'un rinceau de lierre. Il pourrait s'agir des fragments d'une imposante Crucifixion dont le socle pourrait être la pierre ornée des deux larrons. Ces vestiges s'inscriraient alors dans la sculpture monumentale du haut Moyen Age, constituant une œuvre d'une extrême rareté. Il paraît difficile d'admettre que l'ensemble du décor retrouvé dans l'hypogée de Mellebaude ait un jour eu la place de s'y déployer. Sans doute ces sculptures ornaient-elles un ou plusieurs autres édifices, inconnus à ce jour, implantés pourquoi pas à proximité, dans le secteur bâti de la nécropole, sur lequel le commandant Rothmann attira l'attention, en 1878, lorsqu'il repéra les soubassements d'un édifice plus vaste que l'hypogée postérieur aux tombes romaines.

 


 

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