Lemercier Louis Augustin

personne physique


Biographie

Fils aîné de Nicolas Lemercier, magistrat renommé en Saintonge, Louis voulu à dix-sept ans s'engager dans l'armée, enthousiasmé comme la plupart des jeunes gens de l'époque par les succès guerriers de Napoléon, tournant ainsi le dos aux aspirations familiales de le voir faire carrière dans la magistrature. Il entra en 1803 à l'école de Fontainebleau, d'où il ressortit fort déçu : jugé trop jeune pour le combat, il fut appelé auprès de l'empereur en qualité de page. Il finit tout de même par aprécier sa situation ; il vit de très près le couronnement de Napoléon, et le suivit jusqu'en Italie, où toutes les nouveautés dont il fut témoin marquèrent profondément son esprit. En 1805, l'empereur lui offrit une épée et l'emmena avec lui en campagne : Louis assista aux batailles d'Ulm et d'Austerlitz. Il reçu enfin sa nomination de sous-lieutenant en mars 1806 et rejoint son régiment à Naples, où le major Montmarie le fit rétrograder immédiatement au rang de simple soldat, arguant de son inexpérience. Docile, comme il le sera lors de toute sa carrière militaire, il devint brigadier, puis maréchal des logis, ne montant en grade qu'à la suite d'examens satisfaisants, et en quelques semaines retrouva son épaulette, légitimement et définitivement. Il manque plusieurs fois de se diare tuer lors de la campagne de Calabre, tant par les balles que par le climat, mais quitte le pays en 1807 pour mener une vie bien plus joyeuse en compagnie du 8e hussards, faite de dîners trop copieux et de verres trop nombreux, sur l'île de Nogath près de Dantzig. En 1809, il obtient le grade de capitaine. S'ensuivent de nombreuses autres campagnes, pendant lesquelles les parents de Louis tremblent pour sa vie, ce qui le poussa à rentrer à Paris en 1810 pour prendre du repos. Décidé à l'arracher à la vie militaire, son père prépara à l'aide de l'ancien député de la Saintonge Rathier de Montguyon, une union avec Caroline Aubert, fille d'un député de Gironde. Louis l'épousa le 6 janvier 1811, mais partit 18 mois plus tard pour Moscou. Il survécut à la retraite de Russie et continua à combattre ensuite, jusqu'à être très grièvement blessé en mars 1814, ce qui mit fin à sa carrière militaire. Après la chute de l'empire il prit sa retraite, profondément ébranlé par dix années de fatigues et de privations. Il s'installe à Chevriers (Orne) dans la propriété de son père et se fait très vite une telle réputation qu'en 1827 on lui propose le poste de député de Domfront, qu'il occupera jusqu'en 1842. Pour son fervent soutient au nouveau gouvernement, Louis-Philippe le nomma pair de France en 1844. La même année, ayant perdu à la fois sa femme, sa mère et son beau-père, il se trouva alors dans une grande solitude, ce qui le décida à contracter un second mariage avec Louise Nona, veuve et fille d'officier. La révolution de 1848 lui permit de prouver son attachement à la famille royal, en aidant la duchesse d'Orléans et ses fils s'enfuir d'un Paris en proie à de sanglantes émeutes. Avec le titre de comte, il se retira alors de la vie politique pendant 4 ans et vint chercher du repos dans son pays natal, à Ramet, avant d'être nommé sénateur peu après 1852. Après sa mort le 5 mai 1864, il lègua à la ville de Saintes de nombreuses peintures, dont certaines appartenaient à Louise Nona, ce qui permit la création d'un musée Lemercier. On compte parmi ces toiles des Guide, des Carrache, des Salvator Rosa, qui composent la 'pinacothèque' la plus riche du département.


Identification

Sexe, genre
masculin
Lieu de naissance, de création
Saintes (Charente-Maritime, ville)
Date de naissance, de création
22.02.1787
Lieu de décès, de disparition
Saintes (Charente-Maritime, ville)
Date de décès, de disparition
05.05.1864

Mentions légales

Mention légale
© Alienor.org, conservation des musées de Saintes

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